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Le Thé dans la Médecine Traditionnelle

La médecine traditionnelle d’origine chinoise, dit kampô ou kanpô, connait encore de beaux jours au Japon et est encore scrupuleusement suivie par de nombreux Japonais, même si les drugstores vendant des médicaments à l’occidentale et les cliniques de médecine moderne ont envahi les villes. Importée dans l’archipel à partir du VIIe siècle, la science médicinale chinoise s’y est implantée fermement, et a connu un développement particulier, mettant l’accent sur l’usage des plantes.

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Une médecine vegan

Le nom kampô pourrait être traduit par  » méthode chinoise « , et le terme a été défini à la fin de l’époque Edo, afin de démarquer clairement cette approche médicinale de la médecine occidentale, dite rampō (littéralement  » médecine hollandaise « , les Hollandais étant alors les seuls Européens autorisés à commercer et résider au Japon).

Très contrôlée, obéissant à des règles strictes et  » approuvée  » par le Ministère japonais de la santé qui rembourse certains de ses produits, la médecine kampô a toujours la confiance de bien des Japonais, qui se tournent vers elle pour trouver des solutions de fonds à leurs soucis de santé, ou par méfiance envers les composés chimiques et industriels de la pharmacopée occidentale. A une époque où la cruauté envers les animaux et le végétarisme gagnent de plus en plus de terrain dans le monde, le kampô peut également se vanter d’être naturellement vegan,  n’incorporant aucun composant d’origine animale, à la différence de sa grande soeur la médecine traditionnelle chinoise.

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Le thé, un médicament qui traverse les siècles

Les feuilles de Camellia Sinensis font partie de la liste officielle des plantes autorisées officiellement dans le kampô. Il faut dire que, dès l’origine, les propriétés santé du thé ont été connues. Eisai (1141-1215), le moine à qui l’on doit l’implantation durable du thé au Japon, a d’ailleurs vanté ces vertus dans un traité au nom révélateur, le Kissa Yôjôki (traité sur les effets de la consommation de thé pour la santé). Eisai, tirant probablement ses sources de ses années d’études en Chine, considérait tout bonnement le thé comme un véritable  » élixir de vie  » aux nombreuses vertus, notamment pour le coeur.

Cette confiance dans les propriétés bénéfiques du thé pour la santé ne s’est pas démenti avec les siècles, et des chercheurs de la région de Shizuoka, la plus grosse productrice de thé au Japon, se penchent sur l’action favorable du thé dans les traitements de maladies diverses, en particulier du cancer de l’estomac, la région étant la moins touchée par ce qui est la forme la plus répandue de cancer au Japon.

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Loin d’être uniquement une boisson détente, le thé joue donc au Japon divers rôles, tous d’importance, même si les jeunes Japonais ont malheureusement tendance à l’oublier. Boisson spirituelle, profondément liée au chanoyu et au zen, le thé est aussi un compagnon santé à l’efficacité prouvée. Nul doute que les résultats des recherches actuelles ne feront que continuer à confirmer les intuitions des maîtres anciens de la Chine et du Japon et prouver encore et encore tout l’intérêt de consommer du thé !

La sélection des thés Japonais d’UNAMI

Valérie Douniaux pour UNAMI Maison de Thé

Le thé Japonais : divertissement ou spiritualité ?

D’abord principalement dans un cadre religieux, le thé Japonais se répand ensuite dans d’autres espaces de la vie sociale. Sa dégustation devient même un divertissement prisé par l’aristocratie de cour durant l’époque Heian, puis par l’aristocratie guerrière ou les riches roturiers. Ainsi, aux époques Kamakura (1185-1333) et Muromachi (1333-1568) en particulier, des compétitions appelées tôcha sont régulièrement organisées dans le cadre de fastueux banquets. Les participants ont la difficile tâche de définir s’il s’agit d’un honcha, prestigieux thé issu des premières semences amenées par le moine Eisai, ou d’un hicha. La palette des thés disponibles s’élargit avec le temps et permet ainsi des jeux d’autant plus complexes.

Face à leur succès grandissant, les concours de thés avec paris sont interdits en 1336 par le code Kemmu, qui définit en dix-sept articles des règles de maintien de la loi et de l’ordre, et tente de réguler la conduite des classes supérieures. Mais les cadeaux offerts aux gagnants demeurent extravagants, avec surtout l’attribution de superbes céramiques continentales. Les compétitions sont en fait pour l’hôte une occasion de faire étalage de sa richesse et de ses propres collections de céramique. Ce goût de l’ostentatoire s’exprime dans le terme de basara, un mot d’origine bouddhique qui évoque l’excès et l’extravagance, un goût baroque en quelque sorte. A l’époque de Sen no Rikyû  (1522-91),  figure emblématique de la cérémonie  japonaise du thé, quelques concours de thé sont encore organisés et les écoles de thé héritières du maître en reprennent l’idée, sous une forme beaucoup plus formelle, avec le cha-kabuki. Le cha-kabuki encore pratiqué aujourd’hui pour aider les étudiants à affiner leur goût, à développer leur capacité à distinguer entre différents thés.

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Le thé artistique et spirituel, le chanoyu

Les tôcha commencent à décliner avec l’apparition d’une nouvelle forme de dégustation de thé, plus intime. Le grand initiateur de ce renouveau est le huitième shôgun Askikaga Yoshimasa (1436-1490), un homme politique calamiteux, qui a par contre largement marqué de son empreinte la culture japonaise, en s’entourant des artistes les plus talentueux et les plus novateurs de son temps. Ainsi, l’art floral, la cérémonie du thé, le nô ou la peinture à l’encre doivent beaucoup à Ashikaga Yoshimasa. Cette période de bouillonnement artistique est connue sous le nom de culture Higashiyama, en référence au quartier de Kyôto où le shôgun fit construire le Pavillon d’Argent (Ginkakuji) en hommage à son grand-père commanditaire du Pavillon d’Or (Kinkakuji). Yoshimasa souhaitait se retirer à Higashiyama pour mener une vie dédiée aux arts et à la religion et ainsi allaient se développer des concepts tels que le wabi-sabi, d’une importance fondamentale pour l’évolution de la cérémonie du thé.

Nôami (1397-1471), le conseiller artistique (dôbôshû) de Yoshimasa et directeur des collections shôgunales, fut aussi un artiste complet, peintre et poète. Loin des clinquantes compétitions de thé, Nôami développa le shôin-daisu, dégustation plus intime organisée dans la pièce d’étude shôin, le terme daisu désignant l’étagère chinoise portative à deux niveaux sur laquelle étaient installés les ustensiles. Nôami aurait présenté à Yoshimasa le prêtre Murata Shukô (ou Jukô, 1422-1502), considéré comme le véritable père fondateur du chanoyu, littéralement « l’eau chaude pour le thé ».

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Modestie, respect, pureté et sérénité, les quatre grands fondements

Shukô, né à Nara, était entré dans un monastère à l’âge de onze ans. Mais, déçu par la vie monastique, il partit pour Kyôto où il rencontra Nôami et étudia avec l’excentrique moine zen Ikkyû (1394-1481), supérieur du temple Daitokuji. Ikkyû souhaitait revenir à un cérémonial du thé simplifié, plus fidèle à l’idéal des maîtres chinois de l’époque des Tang ; il recherchait dans la dégustation de thé une prise de conscience totale de chaque geste, de chaque instant, dans « l’ici et maintenant ».

Shukô imprégna fortement le rituel du thé de pensée zen. Il délimita à quatre tatamis et demi l’espace réservé à la dégustation dans une grande pièce. L’étape suivante consista en un déplacement du rituel du thé à de simples huttes (sôan), évocations de retraites campagnardes, d’ermitages de montagne. Shukô utilisait des céramiques chinoises, mais aussi des productions japonaises (wamono), notamment celles des fours de Bizen et Shigaraki. Ce serait également à lui qu’on devrait l’usage d’accrocher des calligraphies zen dans l’alcove tokonoma et la large utilisation du bambou, aussi bien dans la structure du pavillon de thé que pour la fabrication d’accessoires. Deux documents écrits sont associés à Shukô, le Dialogue avec Shukô (Shukô Mondo) et Kokoro no Fumi (lettre sur le cœur). Le premier texte repose sur une conversation supposée entre Shukô et Yoshimasa ; Shukô y insiste sur l’importance d’oublier toute distinction de classe dans la pièce de thé, ce qui allait devenir l’un des fondements du chanoyu. La réunion de thé devait en effet permettre d’atteindre la paix grâce à l’adoption des principes de modestie, respect, pureté et sérénité, les quatre fondements immuables du chanoyu.

L’esprit wabi-sabi

Bien que la cérémonie telle qu’envisagée par Jukô exprime déjà l’esprit wabi, le maître de thé n’employait pas ce terme, qui fut développé par son disciple Takeno Jôô (1502-1555) et plus encore par Sen no Rikyû.

Jôô était le fils d’un riche marchand de Sakai, une ville portuaire proche d’Ôsaka. Il étudia d’abord la poésie et l’art de l’encens, avant de se dédier au thé. Il prônait l’usage d’« objets trouvés », de céramiques d’usage quotidien détournées de leur fonction originelle. Jôô a laissé une Lettre sur le Wabi (Wabi no Fumi) où il décrit ce concept comme « l’honnêteté, la prudence, et le détachement, autant émotionnel que matériel ». Le wabi, qui signifiait à l’origine solitaire, désolé, perdit ainsi sa connotation originelle négative pour louer les vertus de la simplicité et de la sobriété. Il est souvent associé au sabi (du verbe sabu, se rouiller, s’user …), qui exalte la beauté de la patine laissée par le temps.

Sen no Rikyû fut profondément influencé par Murata Shukô et Takeno Jôô. Rikyû, de son véritable nom Tanaka, était lui aussi le fils d’un riche marchand de Sakai. Il s’attacha à éliminer tout ce qui lui semblait superflu dans la pièce de thé et développa un rituel dépouillé de tout geste ou objet inutile. Pour Rikyû, la Voie du Thé est « une discipline esthétique, basée sur la loi bouddhique, visant à atteindre le salut spirituel », même s’il réduisit aussi, probablement non sans facétie, le rituel du chanoyu à « faire chauffer de l’eau, préparer le thé et le boire convenablement » !

Cependant, Sen no Rikyu fut le maître de thé officiel de Oda Nobunaga puis de Toyotomi Hideyoshi, les deux premiers grands réunificateurs du Japon. Les cérémonies organisées pour Hideyoshi alternaient entre flamboyance et simplicité, son château de Fushimi renfermant à la fois une célèbre salle de thé dorée transportable (accompagnée d’accessoires également en or), mais aussi une minuscule hutte de deux tatamis.

Les circonstances qui poussèrent Hideyoshi à exiger le suicide de son maître de thé en 1591 sont restées mystérieuses. Elles ont donné lieu à de nombreuses hypothèses, mais il semble vraisemblable que le seigneur a pu prendre ombrage de l’influence grandissante de Rikyû. On évoque aussi l’avidité de Rikyû dans le commerce d’ustensiles de thé, sa dénonciation comme comploteur contre Hideyoshi … ou encore le fait qu’il aurait  installé son portrait sur le portique du temple Daitokuji, obligeant ainsi le guerrier à passer dessous, ce qui affirmait symboliquement la supériorité du maître de thé sur le seigneur ! Nombre de ces théories sont évoquées Le Maître de thé, un court livre de Yasushi Inoue, qui restitue admirablement l’atmosphère de l’époque de Rikyû. Dans tous les cas, l’héritage de Rikyû a survécu dans le temps, et s’est même largement développé, grâce aux trois grandes écoles créées par les héritiers du maître, écoles qui dominent encore le monde du chanoyu aujourd’hui.

La sélection des thés Japonais d’UNAMI

Valérie Douniaux pour UNAMI Maison de Thé

Les débuts du thé Japonais

Comme en Chine, la destinée du thé Japonais a été dès ses origines liée à celle du bouddhisme, les moines zen ayant été les premiers à introduire le breuvage dans le pays, et ayant été ses plus fervents ambassadeurs. Deux grands noms de l’histoire japonaise surtout, Eichû et Eisai, sont à l’origine de la passion japonaise pour le thé.

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Eichû, une première introduction du thé au Japon

 L’idéogramme cha (茶) semble avoir été utilisé au Japon à partir du début de l’époque de Heian (794-1191). Ainsi, le Nihon Kôki (日本後紀), ouvrage relatant l’histoire  » officielle  » du Japon et terminé en 840, évoque le moine Eichû  (永忠, 743-816) qui, de retour dans l’archipel après près trente ans d’études en Chine, ramena avec lui des graines de théier, ainsi que des briques de thé  (団茶, dancha). En 815, Eichû aurait fait déguster ce breuvage à l’Empereur Saga (786-842). Féru de culture chinoise. le souverain semble avoir été conquis par cette nouveauté venue du continent puisqu’il a exigé que des plantations de thé soient développées dans le Kinki (Kansai) et dans les propriétés impériales de la capitale Kyôto. Mais le thé, produit rare et d’importation, demeurait coûteux, réservé à un petit nombre de privilégiés ; l’intérêt qu’il avait suscité retomba rapidement. D’autant plus qu’il n’avait probablement pas fort bon goût. En effet, on faisait chauffer les briques pour en râper des morceaux, ensuite bouillis et mélangés à d’autres ingrédients. En gros, une sorte de potage, probablement plus consommé pour ses bienfaits médicinaux ou par snobisme que pour sa réelle saveur !

 Eisai et le thé en poudre

 Les ambassades japonaises en Chine furent interrompues en 838 (étant officiellement supprimées en 894) et, pendant un certain temps, les échanges ne furent plus que commerciaux. Cependant, les relations sino-japonaises reprirent activement au XIe siècle et l’on vit dès lors de nombreux religieux, ou des artistes japonais, se rendre sur le continent pour y étudier. L’un deux, le moine Eisai (栄西, 1141-1215) allait devenir l’une des figures majeures de la culture japonaise, pour plusieurs raisons. En effet, non seulement Eisai a importé le bouddhisme Cha’n chinois dans son pays natal, étant ainsi à l’origine du zen japonais, mais il a aussi réintroduit, cette fois pour de bon, le thé dans l’archipel. Eisai ramena avec lui non seulement des semences, mais également une nouvelle manière de consommer le thé, un mode de préparation d’origine chinoise et correspondant à l’actuel matcha (抹茶) japonais, le thé réduit en poudre étant battu avec de l’eau chaude dans un récipient. Le matcha a perduré avec le succès que l’on sait au Japon, mais cette forme de préparation fut par contre abandonnée assez rapidement en Chine, faisant du thé en poudre battu une spécificité japonaise.

Le thé était probablement encore surtout consommé en tant que médicament à l’époque d’Eisai, et ce dernier a écrit un célèbre essai détaillant les qualités médicinales du thé, le Kissa Yôjôki.  Mais le thé était aussi utilisé comme stimulant par les moines, afin de leur permettre de rester éveillés lors de leurs longues séances de méditation. Sa préparation et sa dégustation dans les temples fut codifiée. Lors de grandes cérémonies durant lesquelles les prêtres offraient le thé aux dieux ou aux esprits des morts, le thé était aussi servi aux invités, ce qui lui permit de toucher un plus large public et de commencer à se répandre plus largement, du moins dans les classes les plus privilégiées. Dans les campagnes, on consommait probablement des thés à la préparation plus simple, le plus souvent des feuilles simplement séchées au soleil et longuement bouillies.

Les héritiers d’Eisai

Des graines qu’Eisai avait offertes au prêtre Myôe (明恵, 1173-1232) du temple  Kôzanji à Kyôto, furent plantées dans la région de Togano-o (栂尾), à l’ouest de la capitale. Le thé de Togano-o fut surnommé honcha (本茶, vrai thé, thé originel…), tandis que les autres furent  désignées comme hicha (非茶). Le honcha est à l’origine du célèbre thé d’Uji, une ville proche de Kyôto dont le nom reste encore aujourd’hui synonyme, pour nombre de Japonais, de thé de haute qualité. Les concours durant lesquels il fallait distinguer honcha et hicha allaient devenir un divertissement prisé dans les classes supérieures de la société.

En 1241, près de cent ans plus tard, le moine Shôichi Kokushi allait apporter à son tour de nouvelles connaissances qui lui permirent de perfectionner la culture du thé. Honyama (préfecture de Shizuoka) devint ainsi grâce à lui une zone de production majeure et est restée elle aussi particulièrement renommée à travers les âges, produisant encore actuellement un thé de haute qualité.

Les moines ont donc indéniablement joué un rôle majeur dans le développement du goût japonais pour le thé, et la culture du théier n’aurait probablement pas pu s’implanter avec autant de succès dans l’archipel sans ces pionniers. En retour, peut-être la diffusion du thé s’est-elle avérée un outil utile dans le succès du zen au Japon. Les deux semblent toujours inextricablement liés, notamment à travers le chanoyu, la cérémonie japonaise du thé, dont bien des préceptes sont issus du zen et dont les grands maîtres sont aussi des moines zen.

La sélection des thés Japonais Maison de Thé par UNAMI

Valérie Douniaux pour UNAMI Maison de Thé

Du thé pour bien digérer ?

Comment bien digérer ? la médecine asiatique attribue traditionnellement au thé un rôle efficace dans la digestion, que semblent confirmer les recherches scientifiques. Voilà donc une bonne raison supplémentaire de terminer son repas par un thé.

On connaissait d’ailleurs déjà depuis longtemps en Europe les propriétés digestives de certaines infusions (camomille, thym, sauge, menthe, verveine, anis étoilé…), il semble donc qu’on puisse désormais ajouter le thé à l’éventail des choix possibles. Mais quel thé choisir ?

Le thé wulong (oolong), partiellement oxydé, est réputé en Chine pour ses propriétés digestives et a en outre l’avantage d’être moins riche en théine que le thé vert. Il est donc souvent offert au cours du repas. Il a en outre des propriétés antiseptiques légères.

On retrouve des qualités assez proches chez le hôjicha japonais, un thé vert grillé, ce qui diminue son taux de théine et le rend accessible à tous et consommable le soir sans risque de difficulté d’endormissement. Les restaurants japonais ont pour coutume de l’offrir en fin de repas à leurs clients ; il sera parfois remplacé par un sobacha (infusion de sarrasin grillé) dans les restaurants de nouilles soba, le sobacha pouvant aussi être un allié efficace de la digestion, car le sarrasin est notamment réputé  pour renforcer le système digestif, le métabolisme des liquides de l’organisme, réduire la diarrhée… Il connait aussi une vogue actuellement car il est dénué de gluten, mais attention de vérifier que les soba sont 100% sarrasin, elles peuvent parfois être constituées de mélange sarrasin-blé.

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Nous ne pouvons pas aborder le sujet des repas sans parler du Pu’Er 普洱l, le fameux représentant des thés sombres Chinois (appelés thés noirs heicha 黑茶 par les Chinois) qui est produit dans le sud de la province chinoise du Yunnan.  Il existe toutes sortes de Pu’er dont la matière première provient de théiers en culture ou bien cueillis sur des arbres « sauvages », en vrac ou compressés en galette,  brique, nid, coloquinte, … muris lentement au cours d’un long processus de maturation naturelle, ou post-fermentés artificiellement comme on le ferait pour un compost. Les Chinois aiment bien manger et bien boire dans des banquets, souvent interminables qui se terminent par l’absorption de Pu’Er… Selon la médecine traditionnelle chinoise, il faciliterait le métabolisme des graisses et dissiperait les vapeurs de l’alcool … donc faciliterait la digestion !

Brique de Pu’er

Enfin, il est intéressant de savoir que le fait de boire du thé vert après les repas réduit les risques d’empoisonnement alimentaire d’origine bactérienne, de caries dentaires et de gingivite. Cela permet également de lutter contre l’halitose (mauvaise haleine). Enfin, le thé diminue l’absorption du fer contenue dans les végétaux (effet chélateur) ; les personnes végétariennes, qui ne consomment que ce type de fer, les personnes anémiées et les femmes enceintes doivent ainsi demeurer vigilantes et éviter de consommer le thé en même temps que le repas.

Valérie Douniaux  et Jean-Benoît Bourrel

Accommoder les restes avec du thé japonais !

L’ochazuke est un plat japonais dont les origines semblent remonter loin dans l’histoire, souvent préparé avec du thé japonais. Très simple mais délicieux, permettant de nombreuses variantes, il connaît actuellement un certain regain de popularité, avec même l’ouverture de restaurants qui lui sont consacrés.

La recette de base est on ne peut plus facile à suivre : il suffit de verser sur un bol de riz de l’eau chaude ou plus généralement, comme son nom l’indique, du thé (vert le plus souvent, par exemple du genmaicha, mais on peut également utiliser du hôjicha). On peut ajouter des umeboshi (prunes en saumure), du sésame (noir ou blanc), du saumon grillé (généralement émietté), des morceaux de dorade, des œufs de poisson, des petits morceaux d’algue nori… et un peu de wasabi pour relever. Bref, une recette rapide, légère et saine, qui permet de réutiliser de manière savoureuse les restes d’un repas, un surplus de riz, de poisson… qui permet aussi par exemple de dîner léger après un déjeuner copieux !

Shigeta Genmaicha
Shigeta Genmaicha par UNAMI Maison de Thé

Dans le dialecte de Kyôto, l’ochazuke est appelé bubuzuke. Mais attention, lorsqu’un Kyôtoïte propose à un convive de manger du bubuzuke à la fin d’un repas, il y a de fortes chances que cela signifie que l’invité est resté assez longtemps. Une manière polie de lui demander de partir en quelque sorte !

Thé parfumé ou thé aromatisé ?

Thé aromatisé et thé parfumé.

Voici deux appellations fréquemment confondues, mais dont les différences sont pourtant non négligeables. Il est même fondamental de faire la distinction. Voici donc un petit explicatif : 

Quelle que soit sa famille (blanc, vert, noir…), un thé  » nature  » délivre un parfum composé de substances aromatiques naturelles. C’est un peu comme on dit d’un vin qu’il a un  » nez de framboise  » ou une  » note fruitée « .

Il est aisé de parfumer un thé  » nature « , car il capte facilement les odeurs auxquelles il est exposé. Les thés parfumés aux fleurs sont une tradition asiatique, le choix des fleurs variant selon les saisons. Le thé parfumé aux fleurs le plus célèbre étant bien sûr le thé au jasmin.

Nos " perles de jasmin "
Nos  » perles de jasmin « 

Un thé  » aromatisé  » est pour sa part un thé auquel on a ajouté une substance aromatique ! Très répandus en Occident, les thés aromatisés sont d’ailleurs appelés au Japon  » thés à la française  » ! La France et l’Allemagne ont en effet été des pionnières dans l’élaboration des thés aromatisés, aux cours des années 1960-1970, période qui a vu le développement des arômes alimentaires. De nombreuses combinaisons sont possibles, avec des morceaux de fruits, d’épices, d’algues…

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Pour produire des thés aromatisés de qualité, on pulvérise dans un tambour rotatif des arômes issus de matières premières naturelles, sous forme d’essences, de concentrés ou d’huiles essentielles. Il est également possible de  » synthétiser  » les arômes naturels, en particulier ceux des fruits, plus difficiles à extraire naturellement en raison de leur importante teneur en eau ; ces arômes de synthèse reproduisent fidèlement le parfum principal des arômes naturels, mais ils sont moins complexes et moins complets. Il ne faut pas les confondre avec les arômes artificiels, dont le but est d’amplifier fortement l’arôme principal que l’on veut reproduire. Comme pour un parfum, la réussite d’un bon thé aromatisé passe donc par un équilibre délicat entre les divers composants qui le constituent. Des pétales de fleurs, des zestes, des épices ou des pelures de fruits peuvent être ajoutés, à la fois pour le plaisir de l’œil et pour renforcer le goût.

Année après année, la Maison de thé UNAMI vous propose une sélection de thés aromatisés d’excellente qualité.

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La préparation du matcha

Le matcha est un thé unique de par son goût et son mode de préparation, développé en Chine, mais rapidement abandonné sur le continent alors qu’il allait connaître une gloire durable au Japon, en particulier dans le cadre du Chanoyu.

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En quoi le matcha est-il donc différent des autres thés ? Alors que les thés comme nous les connaissons actuellement sont infusés, le matcha, qui consiste en une poudre de thé vert, est battu ou malaxé dans un bol avec un peu d’eau, à l’aide d’un fouet, offrant un breuvage plus ou moins mousseux selon les écoles, à la belle couleur d’un vert de jade et à la saveur absolument unique.

Les étapes de préparation :

Chauffer le bol (Chawan) et le fouet de bambou (Chasen) en plaçant le fouet dans le bol et en versant dessus un peu d’eau chaude. Ceci aura également pour effet d’assouplir le fouet.

Laisser reposer une minute environ, puis jeter l’eau. Sécher le fond du bol, pour éviter d’humidifier et de rendre pâteuse la poudre qui va être ensuite placée dans le bol.

Mettre la poudre dans le bol, en comptant environ deux à trois volumes de chashaku (spatule spécifiquement destinée au matcha, équivalant à environ une demi cuiller à café). Tapoter pour tamiser le fond du bol.

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Chasaku et son étui

Verser de l’eau (environ 7 cl) bouillie puis redescendue à environ 70 – 80°. Fouetter d’une main, en tenant le bol de l’autre main. Fouetter en dessinant un M, d’abord lentement mais avec force le fond du bol pour bien faire disparaître les grumeaux, puis lever un peu le fouet et fouetter vivement mais avec légèreté le liquide jusqu’à ce qu’une mousse légère apparaisse à la surface, puis sortir le fouet délicatement par le centre.

 Une petite astuce : il est plus aisé d’obtenir une fine et dense mousse en se tenant en hauteur par rapport au bol.

L'Usucha, le thé matcha léger
L’Usucha, le thé matcha léger

Une incroyable photo par Michael H. Davies

Une incroyable photo de thé a fait le tour du web en décembre. Cette image étonnante de Michael H. Davies est fondée sur une idée étrange : projeter du thé chaud par -40 c. Le thé gèle instantanément, créant un effet visuel saisissant.

Photographie de Michael H. Davies
Photographie de Michael H. Davies

Evidemment, mieux vaut ne pas tenter de reproduire l’expérience. Outre la nécessité évidente d’un climat extrêmement froid, le photographe et son complice Markus Siivola ont avoué avoir dû prendre en compte de nombreux paramètres au niveau de la prise de vue, des conditions de lumière et de vent… Leur expérience s’inspirait en fait d’un essai similaire déjà mené par d’autres, en général simplement avec de l’eau chaude, et ils auraient, selon leurs propres dires,  » ajouté du thé car au moins, si l’expérience ratait, on aurait ainsi du thé chaud à boire « . La couleur du thé joue cependant un rôle important dans l’harmonie de l’image. La petite histoire ne dit d’ailleurs pas quel thé a été utilisé, mais il semble que le photographe a pris soin de ne pas gâcher un grand cru et qu’il s’est contenté de sachets !

 Source principale :

http://www.cbc.ca/news/canada/north/tundra-tea-toss-photo-1.3376219

Boire du thé pour les lendemains de fête difficiles…

Les repas de famille ou entre amis, en particulièrement en cette fin d’année, peuvent être synonymes de lendemains difficiles et de réveils douloureux. En quoi le thé peut-il contribuer à atténuer les effets négatifs de ces excès et à éviter le  » mal aux cheveux » ?

Tout d’abord, dans de tels cas il est important de s’hydrater largement. Cela contribue à évacuer l’alcool, les toxines, les graisses accumulés. Evidemment, il convient d’éviter boissons trop sucrées ou, justement, de boire encore de l’alcool.  Le café est à éviter également, car il peut être difficile à supporter pour le foie, mais l’eau, le bouillon, les jus de fruits, certaines tisanes et infusions, et le thé seront parfaits. Le thé est sans aucun doute plus agréable à boire qu’un simple verre d’eau, et certains thés, comme les thés wulong, sont en outre particulièrement renommés pour leurs qualités digestives.

Le thé a aussi l’avantage de donner de l’énergie, de clarifier l’esprit, mais de manière moins immédiate que le café. L’effet du thé est plus progressif, et donc plus intéressant sur le long terme.

Alors, en ces lendemains de fêtes, à vos théières !

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Du thé de Noël, une bonne idée cadeau !

En quête d’une idée de cadeau savoureuse et originale ? Pourquoi pas un thé de Noël aux parfums épicés ?

Noël approche, les maisons et villes se parent de lumières et décorations festives, les cuisiniers sont affairés à préparer de délicieux plats et desserts… souvent généreusement arrosés de bulles pétillantes. Mais le thé aussi peut participer largement à l’esprit de Noël, et peut constituer une excellente idée de cadeau pour les amateurs. Et même si le temps est plutôt clément cette année, quel plaisir d’accompagner une pause-goûter ou de terminer un repas copieux par un délicieux thé de Noël bien chaud, aux saveurs épicées.

Unami a ainsi imaginé pour vous cette année un mélange de Noël dans la  » tradition « . Il s’agit d’une base de thé noir délicatement épicée avec de la cannelle, de l’orange et une légère touche de clous de girofle. Un vrai thé de Noël, comme le clame parfaitement son nom : Merry Christmas!

Les amateurs de thé vert ne sont toutefois pas oubliés, avec notre mélange Etoile filante, une base de thé vert délicieusement agrémentée d’écorces d’orange, de cardamome, de vanille, de clous de girofle, de bleuet, et de souci.

Alors, que vous soyez plutôt thé vert ou noir, nous vous souhaitons à tous un très joyeux Noël et de belles fêtes de fin d’année !

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