shen nong tea

La légende du thé

Pour ce premier article de notre série sur l’histoire du thé, plongeons-nous des siècles en arrière, à la recherche des origines de cette plante aux multiples vertus. Plutôt mystérieuse, la naissance de la consommation du thé a donné lieu à l’apparition de nombreuses légendes, dont voici les deux plus célèbres.

Shen Nong, le divin agriculteur

C’était il y a plus de deux mille ans avant J.-C.. L’empereur mythique chinois Shen Nong, le « divin agriculteur», décida un jour de faire bouillir de l’eau pour étancher sa soif, pendant une halte au pied d’un théier. Quelques feuilles se détachèrent de l’arbuste pour tomber dans le récipient contenant l’eau destinée au souverain, et le goût qu’elles apportèrent au liquide séduisit tellement Shen Nong qu’il ordonna la culture de cette plante à la saveur si subtile.
shen nong tea
Ce récit est peut-être une légende, mais il rappelle l’usage, toujours pratiqué en Chine, de faire chauffer l’eau avant de la boire. En effet, la médecine chinoise attribue (avec justesse) à l’eau chaude des propriétés bénéfiques pour la santé. Shen Nong est lui-même considéré comme le père de la médecine chinoise et serait l’auteur du premier traité écrit dans cette discipline. On dit qu’il testait sur lui les plantes qu’il découvrait et qu’il aurait ainsi un jour absorbé soixante-douze poisons, dont le thé aurait dissipé les effets néfastes !

Bodhidharma, le thé spirituel

Une autre légende, plus répandue au Japon, met en scène le prince et moine indien Bodhidharma (Ve-VIe siècles). Souvent représenté sous les traits plutôt sévères d’un homme hirsute, à l’épaisse barbe et aux sourcils broussailleux, Bodhidharma est considéré comme le fondateur de l’école bouddhiste chinoise ch’an, qui est devenue le zen au Japon. Bodhidharma, ayant fait vœu de rester plusieurs années à méditer sans dormir, se serait coupé les paupières pour se punir d’avoir failli à sa promesse. Le premier théier aurait poussé là où sont tombées les paupières princières…

Probablement inspirée par la forme des feuilles de thé, qui pourrait évoquer celle de paupières, cette légende est également, comme la précédente, révélatrice de certaines réalités de l’histoire et de la consommation du thé, et rappelle que ce sont les moines zen, de retour d’études sur le continent chinois, qui ont importé dans l’archipel cette plante qui allait devenir si prépondérante dans la culture japonaise.

Dans les deux cas, histoire et légende se mêlent donc pour tenter d’apporter des réponses au mystère de l’apparition du thé dans la pharmacopée et la culture chinoise puis japonaise. De beaux récits, qui prouvent une fois encore la place majeure du thé en Extrême-Orient, et qui apportent une touche de rêve bienvenue dans notre société contemporaine, aux modes de consommation devenus bien plus prosaïques.

Valérie Douniaux

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