Plantes, quels sont leurs bienfaits ?

L’être humain utilise les plantes pour se soigner depuis des millénaires. De nombreuses civilisations ont exploité les bienfaits des végétaux, que ce soit dans l’Egypte antique, en Inde avec la célèbre médecine ayurvédique, au Pérou ou en Chine, où la pharmacopée recense plusieurs centaines de plantes médicinales, dont le thé. L’une des formes les plus traditionnelles qui soient est la tisane.

Tilleul de Carpentras
Tilleul de Carpentras : troubles du sommeil, nervosité ; anxiété, Fièvre due au rhume ou à la grippe, hypertension, athérosclérose

La tisane est un moyen très accessible de profiter des bienfaits de la phytothérapie. Elle consiste à extraire les composés aromatiques des plantes par différentes méthodes de préparation telles que la macération, la décoction ou l’infusion des plantes  (fleurs fraîches ou séchées, tiges, racines, feuilles) en général dans de l’eau chaude.

Pour peu que la plante soit de bonne qualité, la tisane est un outil thérapeutique assez fiable. Que le matériel végétal soit frais ou séché, les cellules savent maintenir leur intégrité en l’absence d’eau : un processus qu’elles utilisent notamment en prévision des périodes de sécheresse. Elles conservent donc leur contenu en principes actifs durant une longue période et les préservent des mécanismes susceptibles de les altérer, comme l’oxydation. Pour s’en convaincre, il suffit de froisser des fleurs de lavande ou une feuille de menthe séchée entre ses doigts et sentir les arômes qui s’en dégagent : ce sont les principes volatils (en particulier les huiles essentielles). Les racines, les tiges et les graines les conservent d’ailleurs mieux que les feuilles et les fleurs.

La tisane peut être préparée à partir de végétaux frais ou séchés. La plupart des consommateurs choisissent des herbes en vrac ou des sachets vendus dans le commerce, car ils sont plus facilement accessibles.

La macération consiste à laisser tremper le matériel végétal dans de l’eau froide durant plusieurs heures.
L’infusion consiste à verser de l’eau chaude sur le matériel végétal et laisser tremper pendant quelques minutes.
La décoction consiste à faire bouillir l’eau dans lequel repose le matériel végétal pendant quelques minutes.

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Combien de temps puis-je conserver ma tisane ?

La durée de vie d’une tisane dépend à la fois de la façon dont est traitée la plante (broyée, arrachée) et la façon dont elle est conservée. Plus une herbe sera broyée et moins elle se conservera car elle perdra davantage d’huiles (en raison d’une surface exposée plus grande). Même si leurs saveurs peuvent rester durant des mois, les propriétés médicinales sont dues aux huiles dont la teneur décroît avec le temps.

Certaines plantes sont particulièrement utilisées dans les tisanes en raison de leurs propriétés médicinales supposées. Faciliter la digestion, améliorer le sommeil, calmer l’anxiété… Chacune aurait un effet propre à sa composition. Si les chercheurs peinent à démontrer ces effets avec certitude, ils poursuivent leurs travaux, intrigués par les prescriptions communes aux quatre coins du globe.

Les thés du matin calme, les thés coréens

Les thés coréens sont encore méconnus, mais ils sont pourtant dignes d’intérêt. La maison Unami a donc décidé de proposer une gamme complète de thés coréens, devenant ainsi une des pionnières de la diffusion du thé du pays du matin calme en France et en Belgique.

Les thés coréens sont principalement des thés verts. Les premiers témoignages précis de la culture de la plante dans la péninsule datent de la période du Silla unifié (668-935), contemporaine de celle des Tang (618-907) en Chine. Des plants de thé auraient été introduits dans le royaume coréen par un ambassadeur de retour de la cour chinoise, au début du IXe siècle, et plantés dans les montagnes méridionales (Mont Chiri).

Le thé a dès lors été régulièrement offert en offrande à Bouddha ou aux esprits des ancêtres, mais était également consommé à des fins médicinales. Un art du thé se mit en place durant la période Koryo (935-1392). Pratiquées lors de grandes occasions (fêtes nationales, réceptions d’ambassades étrangères, hommages aux grands ancêtres), ces nouvelles cérémonies utilisèrent du thé réduit en poudre, selon le modèle chinois. Le thé était bu dans de larges bols, notamment dans les célèbres céladons, et le rituel prit une dimension aristocratique et solennelle, loin de la simplicité et du recueillement prônés précédemment.

Thés verts Coréen
Thé vert Coréen Wojeon

Durant la période Yi (1392-1910), le thé allait cependant se démocratiser en Corée, et l’infusion des feuilles remplaça le thé en poudre. Le thé devint avec le temps un élément incontournable des grands événements de la vie (passage à l’âge adulte, mariages, funérailles, commémorations, réceptions d’invités de marque…), tandis que le Palais royal abandonnait cependant presque totalement l’usage du thé pour les cérémonies, lui préférant le vin de riz. Les moines bouddhistes, par contre, restèrent fidèles au thé, et leurs cérémonies retrouvèrent la simplicité d’antan, d’autant que le thé allait faire l’objet d’un lourd impôt, qui freina sa production et sa consommation, un phénomène encore accentué par le recul du bouddhisme face au confucianisme. Les plantations de thé ne purent dès lors survivre que dans le sud.

Après ces siècles difficiles, la production de thé semble cependant connaître une nouvelle vigueur en Corée, encore principalement dans la partie méridionale de la péninsule. L’île de Jeju et la région de Hadong sont particulièrement réputées pour la qualité de leur production.

Enfin, il faut savoir que, outre sa production de thé vert, la Corée produit des « thés médicinaux » qui remportent un certain succès à l’étranger, notamment au Japon. Il s’agit en fait d’infusions, même si on leur donne le nom de thé. Citons parmi elles le yujacha, confiture de yuzu coréen que l’on fait chauffer avec de l’eau et qui est recommandée en cas de rhume ou début de grippe ; ou le saeggangcha (au gingembre) et l’insamcha (au ginseng), tous deux très dynamisants et donc à consommer avec modération ou bien encore les feuilles de lotus entières récoltées au sein du mont Jiri. Selon la médecine traditionelle coréenne, ces feuilles sont reconnues pour être relaxantes et pour aider le système de purification du sang, et contribuent également à prévenir les insomnies.

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Macaron au thé vert

Le thé vert japonais réduit en poudre, le thé vert matcha, est utilisé pour la cérémonie japonaise,  le Chanoyu, mais aussi pour confectionner de délicieuses pâtisseries à la surprenante couleur verte ! Dans ce cas, on utilise la qualité de matcha dite « culinaire ». Béa, pour Unami, propose de magnifiques macarons au thé vert matcha, parfaits pour accompagner vos thés préférés.

Quand on a des envies de macarons chez Unami, on les fait verts bien sûr !

Il vous faudra :

  • 80g de blancs d’œufs
  • 180g de sucre glace
  • 20g de sucre semoule
  • 100g de poudre d’amandes
  • 2 c à café de matcha

Préparation :

  • Battre les blancs en neige. Verser le sucre en poudre en 3 fois, jusqu’à ce que les blancs soient fermes et bien brillants.
  • Dans un autre récipient mélanger le sucre glace, la poudre d’amandes (vous pouvez même les mixer si vous souhaiteze une préparation très fine) et le matcha, et ajouter les blancs en neige en mélangeant et en soulevant la préparation afin qu’elle soit lisse et brillante.
  • Mettre la préparation dans une poche à douille ou une seringue alimentaire et déposer des petits tas sur un papier de cuisson.
  • Faire cuire environ 12 min à 160°C. Ajuster le temps et la température selon votre four.
  • Une fois qu’ils sont refroidis, garnir les macarons avec la ganache de votre choix. Nous avons choisi la crème d’Azukis !!
  • Bon Macaronnage !

Le Rooibos, la plante à la robe rouge

Souvent improprement appelé « thé rouge », y compris par de nombreuses « marques » de thé, le rooibos est en réalité ce qu’on appelle un « faux thé », une plante qui n’a rien à voir avec le thé, même si on la prépare également en infusion. Il doit son nom, qui signifie « buisson rougeâtre » en afrikaans (et qui se prononce « roï-boss »), à la couleur de son infusion et à celle que prennent ses fines feuilles quand il est torréfié. Son nom botanique est d’ailleurs asplathus linearis alors que le thé est issu du camelia sinensis ! Il faut également savoir que les Chinois utilisent le terme de « thé rouge », Hong Cha, pour désigner la famille des thés oxydés que les britanniques ont dénommé « black tea » (« thé noir ») en opposition au thé vert, non oxydé, le « green tea » ! Donc, attention aux nombreuses confusions !

Rooibos Vert
Rooibos « Vert » non torréfié

Une source de bienfaits

Poussant exclusivement en Afrique du Sud, le rooibos offre de nombreux bienfaits pour la santé. Fortement concentré en flavonoïdes, il a en particulier un effet apaisant sur le système digestif, et peut donc se révéler précieux après un repas trop lourd, ou en cas de troubles intestinaux, de diarrhées… En Afrique du Sud, il est même donné à boire tiède aux nourrissons souffrant de coliques.

Selon des recherches menées aux Etats-Unis, le rooibos pourrait également aider à protéger contre l’apparition de cancers ou de maladies graves, ou contre l’hypertension, grâce à ses puissantes propriétés antioxydantes. Il pourrait également soulager l’asthme, la bronchite, la pneumonie…

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Rooibos « Rouge » torréfié

Un allié de notre sourire et de notre peau

Riche en fluor, le rooibos se révèle donc un allié précieux pour la santé dentaire, et a l’avantage supplémentaire de ne pas contenir de caféine, donc de pas jaunir du tout les dents. Cette caractéristique du rooibos lui permet également d’être consommé quelle que soit l’heure, un point important à noter pour ceux qui craignent les effets de la caféine sur le sommeil.

Mais ce n’est pas tout. Le rooibos est également riche en zinc, un minéral à l’action antibactérienne et réparatrice bien connue. La consommation de rooibos permettrait ainsi de lutter contre les irritations comme l’eczéma, l’érythème fessier et il est même possible d’appliquer l’infusion directement sur la zone lésée, pour un usage externe complémentaire.

Outre le zinc, le rooibos contient aussi du fer, du potassium, du calcium, du magnésium et des oligoéléments, comme le manganèse et le cuivre. Tous éléments dont l’action bénéfique sur l’organisme n’est plus à prouver.

S’il n’est donc pas véritablement un thé, le rooibos n’en est donc pas moins une boisson à la fois agréable au palais et aux nombreuses vertus.

A consommer, nature ou aromatisé, chaud ou froid, le matin comme le soir !

Le thé : une boisson riche en antioxydants

Les médias et de nombreux spécialistes chantent depuis quelques années les vertus des antioxydants et leur action bénéfique pour la santé. Mais qu’est-ce précisément qu’un antioxydant ? Le thé est-il antioxydant ? Et trouve-t-on autant d’antioxydants dans le thé que l’on entend souvent le dire ?

Pour commencer par le commencement, un antioxydant est tout simplement, comme son nom l’indique, une molécule qui diminue ou empêche l’oxydation d’autres substances chimiques. L’oxydation qui produit les fameux radicaux, dont on entend également souvent parler, de manière négative pour leur part. Le stress oxydatif, créé par une déficience ou une absence de production d’enzymes anti oxydantes, semblerait en effet être à l’origine de nombreuses maladies.

Le rôle des tanins

Les tanins représentent une grande part du poids sec du thé. Leur concentration varie cependant selon le lieu et les conditions de culture, ou selon l’âge de la feuille. Plutôt que de tanins végétaux, on parle volontiers, depuis 1980, de polyphénols.

Les polyphénols sont des composés synthétisés par les végétaux, qui les utilisent pour se défendre contre les agressions environnementales. Pigments naturels, les polyphénols contribuent à la couleur, l’arôme et l’astringence du thé. Les flavonoïdes, qui font partie des polyphénols, sont de puissants antioxydants, aux effets bénéfiques contre le cancer et les affections cardiovasculaires. L’effet antioxydant du thé est à peu près identique à celui du vin rouge, qui a un rôle protecteur contre les maladies cardio-vasculaires quand il est consommé à faible dose, un verre par jour. L’effet antioxydant du thé semble aussi supérieur aussi à celui de nombreux fruits, de la vitamine C et E, ou à celui du béta-carotène.

Le thé le plus riche en polyphénols est le thé vert du Japon (300 à 400 mg par tasse, contre une moyenne de 200 mg par tasse de thé). Les polyphénols diffèrent dans le thé vert et le thé rouge (dit « noir » en Occident), à cause du processus d’oxydation. Dans le thé rouge, on trouve surtout la théaflavine et la théarubigine, qui sont absentes du thé vert. Le thé vert compte par contre des catéchines, peu présentes dans le thé rouge, et qui sont des flavonoïdes, de la sous-classe des flavanols. Cependant, il faut savoir que les catéchines ne s’infusent quasiment pas à moins de 80°C. Ce sont elles qui donnent au thé vert son shibumi*, c’est-à-dire son astringence, une sensation de crispation des muqueuses.

Matcha préparation

Les catéchines et leur rôle dans la prévention et le traitement du cancer

L’épigallocatéchine gallate (EGCG) est la principale catéchine du thé vert. Antioxydant efficace, elle aurait à la fois un rôle préventif contre le cancer et un rôle de ralentisseur du développement de la maladie. En effet, l’EGCG empêche l’angiogenèse, le processus de développement de nouveaux vaisseaux sanguins à partir de vaisseaux existants, nécessaire à la croissance des tumeurs et de leurs métastases. Le livre Anticancer, de David Servan-Schreiber, résume de manière très claire les résultats des études menées sur le rôle du thé vert et de l’EGCG dans la prévention et le traitement de la maladie (Anticancer, prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles, Editions Robert Laffont, 2007, pages 169-171).

De nombreux travaux ont notamment démontré que l’action de l’EGCG serait intéressante pour le traitement des cancers de l’estomac. Ce cancer est le plus répandu au Japon ; mais les régions productrices de thé, comme Shizuoka, sont celles qui comptent les plus faibles pourcentages de décès par ce cancer. Or, les habitants de Shizuoka consomment du thé dès la plus petite enfance et, globalement, consommeraient de 3 à 5 kilos de feuilles de thé par personne et par an, soit cinq à sept fois plus que la moyenne nationale.

Nous venons de parler de thé vert, notamment du thé vert japonais, qui a fait l’objet d’études « scientifiques » dans le cadre de la médecine classique.  Mais toutes les familles de thé sont recommandées en médecine traditionnelle chinoise. On les classe par « couleurs », qui reflétent le degré d’oxydation du thé. Blancs, jaunes, bleu-vert (wulong), verts, rouges (appelés « noirs » par les Occidentaux) et sombre (appelés « noirs  » par les Chinois, notamment les thés PuEr). Les Chinois consomment  ces divers thés en fonction du moment de la journée, des saisons… et du goût !

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Mais restons réalistes

Malgré des résultats de recherches, et même sur le terrain, convaincants, il convient de rester réaliste. Le thé ne peut guérir tous les maux à lui tout seul, ni lutter en solitaire contre une maladie grave. Il est important, tout en consommant cette précieuse plante, d’avoir un régime alimentaire équilibré, une vie saine, de chasser le stress …

Des recherches menées au Japon démontreraient la capacité du thé à renforcer l’effet positif de la consommation d’agrumes, une preuve de la complémentarité bénéfique des différents ingrédients de notre alimentation. Après tout, c’est ce que prône depuis des siècles la médecine traditionnelle asiatique, qui envisage l’organisme et son fonctionnement de manière globale, alors que notre médecine occidentale se focalise sur un symptôme précis, sans considérer le terrain qui lui a permis de se développer. L’équilibre recherché par la médecine asiatique est une simple question de bon sens, et sa recherche commence par notre alimentation !

Par ailleurs, il faut garder en mémoire que les effets du thé sont temporaires et ne peuvent donc fonctionner que sur la durée, dans le cadre d’une consommation régulière. Le thé est donc un allié précieux pour notre santé, mais ne doit pas être un alibi. Il faut aussi rester prudent face aux arguments marketings de choc avancés par certains distributeurs, qui semblent parfois plus vendre une « potion magique » que du thé. Le thé est un produit précieux, non seulement bon au goût mais aussi pour ses effets. Mais il faut savoir le choisir, le préparer et le consommer correctement. N’hésitez donc pas à demander conseil !

Combien de temps faire infuser son thé ?

EtudeCalder

Le temps d’infusion du thé varie selon différents critères.

La température de l’eau

A chaque thé sa température. On n’utilise jamais d’eau au-dessus de 95°C (risque de détériorer la feuille de thé), ni de l’eau qui a bouilli pendant plusieurs minutes. En effet, sous l’action de la chaleur, le dioxygène s’évapore progressivement et au moment de l’ébullition la totalité de l’oxygène c’est évaporé. Or l’oxygène favorise le passage des composés aromatiques à l’état gazeux, donc la perception au niveau du bulbe olfactif.

Une température trop élevée développera plus d’astringence dans la liqueur, les tanins se solubilisant plus rapidement. Une eau trop chaude détruit certains composés comme les acides aminés, présents en quantité importante dans le thé vert. L’acétaldéhyde, molécule aromatique à l’odeur de pomme fraichement coupée, que l’on trouve dans certains Qi Men, est détruit au delà de 70°C.

Une méthode chinoise consiste à mouiller au préalable, avec de l’eau froide, les feuilles de thé blanc et vert, ce qui les protège du choc thermique qui détruirait les acides aminés et les notes végétales fraiches.

Quelle température choisir ? Il n’existe pas de règle absolue. Rien ne remplace une bonne connaissance du thé que l’on souhaite préparer.

La quantité de feuilles

Dans le dosage du thé à l’occidentale, on compte 1g par tasse de 10/12 cl. Dans le dosage à la chinoise c’est l’ustensile utilisé (mini théière du Gong Fu Cha et Zhong) qui définit le volume de feuilles. Celles-ci peuvent représenter 30 à 50 % du volume de la théière ou de la tasse.

Le processus d’infusion

Les différents composés du thé ne sont pas hydrosolubles à la même vitesse : la théine se libère à 80°C au cours de la première minute d’infusion, mais il faut environ 7 mn pour libérer 80 % des tanins. Pour les composés aromatiques le processus est plus ou moins rapide selon leur forme moléculaire.

Si les thés chinois sont moins amers que les thés japonais, cela tient au processus de fixation. En Chine la méthode est dite sèche : les feuilles sont chauffées brutalement dans un séchoir à tambour, ou manuellement dans une bassine ou dans un wok posés directement sur la flamme, ce qui développe des notes aromatiques de type grillé et de fruit à coque. Au Japon, les feuilles de thé sont étuvées à la vapeur, ce qui conserve intacte les caractéristiques de la feuille fraiche. Les thés japonais développent des parfums frais, riches en notes végétales. L’étuvage est un procédé qui préserve le mieux les vitamines.

Le temps d’infusion

Le temps de l’infusion, qui est une étape cruciale pour réussir un thé, sera toujours mentionné sur les paquets de thé.

Préparer du thé, c’est mettre en contact des feuilles avec de l’eau. Pour permettre la solubilisation des éléments que contiennent les feuilles, il faut favoriser au maximum ce contact en accordant au thé tout l’espace nécessaire. L’idéal consiste à mettre les feuilles en vrac dans la théière puis à transvaser la liqueur dans un autre récipient. C’est la façon de faire des services à déguster professionnel, des théières Gong Fu Cha ou des poêlons japonais (kyûsu) : l’intégralité de la liqueur est versée à chaque service.

Pour les théières occidentales, qui offrent un volume plus important, le filtre doit être choisi et adapté à la théière pour que les feuilles puissent se déployer pleinement.

Le dosage du thé

Le maître de thé japonais Sen no Rikyû énonça les quatre règles qui doivent être présentes  à l’esprit de l’homme de thé : Harmonie, Respect, Pureté, Sérénité. Ces préceptes spirituels sont liés à la cérémonie du thé, mais on pourrait les appliquer également à la préparation du thé au quotidien, pour retirer le meilleur des feuilles et respecter au mieux les qualités du thé. Notre présence, notre engagement dans le geste, l’environnement, importent dans le goût du thé.

Lors de l’infusion du thé, sous l’action de l’eau et de la chaleur, les composés solubles migrent dans la liqueur. En fonction de la durée de l’infusion et de la température de l’eau, ces composés se solubilisent plus ou moins, et en plus ou moins grande quantité. Parmi eux on compte des polyphénols, des alcaloïdes, des acides aminés, des glucides, des minéraux, quelques vitamines et des composés aromatiques. Toutes ces molécules seront en partie perceptibles par l’un des quatre sens sollicités lors de la dégustation : le goût, le toucher, l’odorat, la vue.

L’infusion des feuilles de thé donne donc une liqueur riche et tout l’art de réussir un bon thé consiste à obtenir dans une tasse une liqueur équilibrée entre ses différents éléments.

EtudeCalder
La qualité de l’eau

« L’eau est la mère du thé » selon une formule chinoise. Et Lu Yü nous conseillait de préparer le thé avec l’eau que le théier boit. Les qualités de l’eau utilisée ont donc des conséquences décisives sur la liqueur qu’on obtiendra dans la tasse.

Les caractéristiques de l’eau sont son potentiel hydrogène (pH) ; les saveurs et arômes intrinsèques (présence de minéraux) ; l’interaction des composés de l’eau et du thé. Le pH définit le caractère acide ou alcalin d’une solution ; une valeur 7 représente une valeur neutre. Une eau de pH neutre est recommandée pour préparer le thé. Elle ne doit être ni trop dure (minérale) ni trop douce (acide). Les eaux modérément douces apportent de la nervosité à l’eau et mettent le bouquet aromatique du thé en valeur (notamment pour le Darjeeling ou certains Ceylan). Les eaux modérément dures « porteront » mieux des thés tels qu’un Assam ou des thés d’Afrique.

En ce qui concerne la provenance de l’eau, à défaut de pouvoir puiser à la source comme le recommandait Lu Yü, il est bon de savoir que :
– l’eau du robinet n’est pas toujours d’assez bonne qualité. Le chlore dénature sa pureté aromatique, et est même considéré comme ennemi du thé ;
– les filtres à eau retiennent le calcaire et le chlore en faisant passer l’eau a travers des charbons actifs ;
– l’eau en bouteille du commerce doit être choisie avec un pH le plus neutre possible et être très peu minéralisée.

La température de l’eau

A chaque thé sa température. On n’utilise jamais d’eau au dessus de 95°C (risque de détériorer la feuille de thé), ni de l’eau qui a bouilli pendant plusieurs minutes. En effet, sous l’action de la chaleur le dioxygène s’évapore progressivement et au moment de l’ébullition la totalité de l’oxygène c’est évaporé. Or l’oxygène favorise le passage des composés aromatiques à l’état gazeux, donc la perception au niveau du bulbe olfactif.

Une température trop élevée développera plus d’astringence dans la liqueur, les tanins se solubilisant plus rapidement. Une eau trop chaude détruit certains composés comme les acides aminés, présents en quantité importante dans le thé vert. L’acétaldéhyde, molécule aromatique à l’odeur de pomme fraichement coupée, que l’on trouve dans certains Qi men, est détruit au delà de 70°C.

Une méthode chinoise consiste à mouiller au préalable, avec de l’eau froide, les feuilles de thé blanc et vert, ce qui les protège du choc thermique qui détruirait les acides aminés et les notes végétales fraiches.

Alors, quelle température choisir ? Il n’existe pas de règle absolue. Rien ne remplace une bonne connaissance du thé que l’on souhaite préparer.

La quantité de feuilles

Dans le dosage du thé à l’occidentale, on utilise 1g par tasse de 10/12 cl. Dans le dosage à la chinoise, c’est l’ustensile utilisé (petite théière du Gong Fu Cha et Zhong) qui définit le volume de feuilles. Celles ci peuvent représenter de 30 à 50 % du volume de la théière ou de la tasse.

Le processus d’infusion

Les différents composés du thé ne sont pas tous hydrosolubles à la même vitesse : la théine se libère à 80°C au cours de la première minute d’infusion, mais il faut environ 7mns pour libérer 80 % des tanins. Pour les composés aromatiques, le processus est plus ou moins rapide selon leur forme moléculaire.

Si les thés chinois sont moins amers que les thés japonais, cela tient au processus de fixation. En Chine la méthode est dite sèche : les feuilles sont chauffées brutalement dans un séchoir à tambour, ou manuellement dans une bassine ou un wok posés directement sur la flamme, ce qui développe des notes aromatiques de type grillé et de fruit à coque. Au Japon, les feuilles de thé sont étuvées à la vapeur, ce qui conserve intactes les caractéristiques de la feuille fraiche. Les thés japonais développent des parfums frais, riches en notes végétales. L’étuvage est un procédé qui préserve le mieux les vitamines.

Le temps d’infusion

Le temps d’infusion, qui est une étape cruciale pour réussir un thé, sera toujours mentionné sur les paquets de thé.
Préparer du thé, c’est mettre en contact des feuilles avec de l’eau. Pour permettre la solubilisation des éléments que contiennent les feuilles, il faut favoriser au maximum ce contact en accordant au thé tout l’espace nécessaire. L’idéal consiste à mettre les feuilles en vrac dans la théière puis à transvaser la liqueur dans un autre récipient. C’est la façon de faire des services à déguster professionnels, des théières Gong Fu Cha ou des poêlons japonais (kyûsu) : l’intégralité de la liqueur est versée à chaque service.

Pour les théières occidentales, qui offrent un volume plus important, le filtre doit être choisi et adapté à la théière pour que les feuilles puissent se déployer pleinement.

Quand l’Occident découvre le thé

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Le thé a été adopté depuis les temps les plus reculés en Asie, mais les Occidentaux ne l’ont découvert qu’au début du XVIIe siècle, même si certains voyageurs avaient déjà mentionné la plante dans leurs récits.

Les Portugais seraient les premiers à avoir importé du thé en Europe, mais la diffusion de la plante sur le vieux continent s’affirme surtout avec les Hollandais, qui commencent à faire venir du thé de leur territoire de Java au tout début du XVIIe siècle. Cependant, la consommation de thé aux Pays-Bas n’est attestée qu’à partir de 1637 et se développe surtout dans les années 1640. Les Français débutent l’importation de thé en 1700 et utilisent d’abord principalement la plante comme un produit médicinal, qui reste très coûteux. Mazarin, notamment, utilise le thé pour se prémunir contre la goutte !

La date d’apparition du thé en Angleterre reste imprécise. Les Hollandais l’y introduisent « officiellement » en 1645, mais le thé devait déjà être connu dans le pays. L’infante portugaise Catherine de Bragance (1638-1705), qui épouse Charles II en 1662, apporte non seulement Bombay et la liberté de commerce avec l’Inde dans sa dot, mais elle aurait aussi popularisé dans sa nouvelle patrie la consommation de thé, une habitude acquise dans son pays natal.

Le thé profite aussi en Angleterre de la mode des coffee-houses, dont certaines proposent également du thé. Les coffee-houses sont d’abord réservées aux hommes, mais la boutique du Golden Lyon prend l’initiative d’offrir aux dames la possibilité de consommer une tasse de thé. Le succès est au rendez-vous !

La puissante Compagnie des Indes Orientales britannique obtient rapidement le quasi-monopole du commerce de la plante à partir de la Chine. Ses concurrentes européennes importent principalement le thé pour le revendre en Grande-Bretagne, en contournant le monopole de la Compagnie et la contrebande est très active, tout comme le commerce de faux thés, voire le commerce de feuilles de thés usagées et reconditionnées ! Pas forcément idéal pour le palais ou pour la santé…

Les Chinois, constatant le succès du thé, comprennent les enjeux financiers de ce commerce. Ils imposent dès lors des prix prohibitifs et un accès limité au seul port de Canton. Les Anglais ripostent en faisant entrer en Chine, depuis leurs colonies indiennes, du coton et surtout de l’opium, qui fera des ravages (à ce sujet, on pourra lire ou relire l’album d’Hergé, Les aventures de Tintin, Le Lotus Bleu). Et il est certain que l’enthousiasme britannique pour le thé ne baisse pas malgré les contraintes, encourageant l’Empire à développer ses propres plantations en Inde. Mais cela est une autre histoire… A suivre !

Mizuhiki, l’art japonais des nouages de papier

Mizuhiki, l’art japonais des nouages de papier
Mizuhiki, l’art japonais des nouages de papier

Le papier japonais (washi), créé à partir de fibres végétales, est admiré dans le monde entier pour sa beauté, sa flexibilité et sa grande résistance. Ce savoir-faire vient même d’être classé au patrimoine de l’Unesco en 2014 !

Une technique inspirée par la Chine

Le mizuhiki est l’une des très nombreuses formes créatives d’utilisation du papier au Japon. Cette technique, dont on trouve des traces aussi tôt que le VIIe siècle,  consiste « simplement » à nouer ensemble de fines ficelles de papier. Tout un art en réalité ! La technique serait née après l’apport au Japon d’un cadeau venu de Chine et entouré de cordes de chanvre rouges et blanches, supposées assurer un voyage sans incident. Ainsi adopté par la cour impériale japonaise, le mizuhiki va évoluer au fil des siècles en une technique élaborée, dont l’usage se répand parmi la société civile.

Des fils venus du Nord

Environ 70% des fils de mizuhiki sont fabriqués à Iida, dans la région montagneuse de Nagano, au nord de Honshû. Le washi est coupé en longues bandes, puis torsadé afin de créer une ficelle solide, enveloppée d’une pâte, séchée et teinte. De fines bandes de soie ou de plastique peuvent entourer le cœur de papier, apportant une texture et de la couleur supplémentaires. Le mizuhiki dispose ainsi désormais d’une large palette et la technique ne cesse de se complexifier au fur et à mesure que le matériau évolue.

Des motifs à vocation symbolique

Les compositions peuvent parfois être simples, réduites à un noeud coloré, mais elles sont souvent aussi très élaborées. Au plus il y a de fils, au plus le travail est difficile. Le nœud trilobé awaji-musubi constitue une forme de base, souvent utilisée pour exprimer des voeux de bonheur durable, et à partir de laquelle pourront être créées de nombreuses variations aux significations variées. Le mizuhiki sert ainsi notamment à orner les enveloppes dans lesquelles les Japonais envoient leurs voeux, leurs félicitations ou des cadeaux en argent pour les moments importants de la vie. La grue et la tortue sont des motifs très populaires, symboles de longévité. L’association de fils blancs et rouges, ou du doré et de l’argenté, sont favorisées pour les événements heureux, tandis que le noir et blanc est réservé pour les moments plus sombres. Il est donc très important de choisir la bonne couleur et la bonne forme de mizuhiki en sélectionnant une enveloppe afin de ne pas commettre d’impair !

Catherine de Bragança, the tea drinking Queen ?

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Catarina de Bragança, Princesse du Portugal, épousa Charles II d’Angleterre en 1662 pour favoriser l’indépendance du Portugal vis à vis de l’Espagne. Il est très probable que ce soit elle qui ait introduit le thé, Chà en portugais, à la cour d’Angleterre, car il était déjà consommé à la Cour portugaise.

Shocking ! Mais historique ! Dans sa dot de mariage, l’infante a apporté à l’Angleterre deux colonies portugaises  qui jouèrent un rôle important par la suite dans le commerce du thé par les anglais, la ville indienne de Bombay, et celle de Tanger ; l’accord de mariage stipulait encore qu’au cas où les Portugais réussissaient à reprendre l’île de Ceylan aux Hollandais, ils devraient partager avec l’Angleterre le traitement de la cannelle.

A l’occasion d’un anniversaire de la Reine, Edmond Waller, historiographe de la Cour, signa ce poème :

Du thé, préconisé par sa Majesté
Venus a sa myrte, Phoebus ses lauriers.
Le Thé qu’Elle entreprend de louer les deux surmonte,
la meilleure des Reines et la meilleure des herbes nous les devons
à l’intrépide Nation* qui ouvrit le chemin du plaisant Pays
du Soleil Levant, dont nous apprécions les riches produits.
Le Thé, ami des muses, en chassant les vapeurs
qui emplissent nos esprits, assiste notre imagination
et maintient ce Palais de l’âme en quiétude sereine,
à même de saluer, en son anniversaire, la Reine.