Caféine ou théine ?

On entend à la fois parler de caféine et de théine à propos du thé. En réalité, si la caféine est parfois nommée « théine » dans le cas du thé, on parle malgré tout plus généralement de « caféine ». En fait, pour être précis, la théine serait une combinaison de caféine avec de petites proportions de théobromine (de 0,16 à 0,2%) et théophylline (de 0,02 à 0,04%).

Pour LAROUSSE, la caféine est un alcaloïde stimulant du système nerveux central que l’on tire du café, du thé, du maté, de la guaranine* et du kola*, et dont la synthèse a pu être réalisée. En 1819, le chimiste allemand Friedlieb Ferdinand Runge a isolé pour la première fois de la caféine relativement pure. Il la nomma « kaffein » en tant que composé chimique du café, qui en français devint « caféine ».

Cette substance naturelle au goût amer stimule le système nerveux central, vous rendant plus vigilant. A doses modérées, elle a des propriétés bénéfiques pour la santé, comme l’amélioration de la mémoire, de la concentration et du moral. La caféine a surtout été associée à de nombreux avantages physiques, dont la diminution possible du risque d’Alzheimer et de certains cancers. « Les souris traitées par la caféine ont développé une pathologie moins importante à la fois du point de vue de la mémoire, des modifications de la protéine Tau mais également de l’inflammation du cerveau », précise le Dr David Blum, chercheur Inserm/Université de Lille qui a co-dirigé les travaux avec le Dr Christa Müller de l’Université de Bonn.

En revanche, consommée à l’excès, la caféine peut déclencher, entre autres effets, un rythme cardiaque plus rapide, des insomnies, de l’angoisse et de l’impatience. Un arrêt brutal peut conduire à des symptômes de sevrage, comme des maux de tête et une certaine irritabilité.

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Plus ou moins de caféine que dans le café ?

Le taux de caféine varie assez largement selon les thés, de 1,6 à 5%. Plus une feuille est vieille, moins elle en contient. Même si les avis sont encore partagés, il semble que le thé vert contient moins de caféine que le thé rouge (« black », « noir »), mais qu’elle est lâchée plus fortement et plus rapidement. Etonnamment, le thé rouge contient plus de caféine au poids que le café, mais il ne faut pas oublier que la quantité de thé utilisée pour une tasse est nettement inférieure à celle utilisée dans le cas du café. Il y a donc logiquement moins de caféine dans une tasse de thé que dans un café. En outre, la caféine du thé se libère progressivement, au contraire de celle du café, qui a un effet « boostant » plus immédiat mais moins durable.

Diminuer l’absorption de caféine ?

A l’inverse également de ce qui se produit avec le café, la caféine du thé est l’élément qui sort en premier lors de l’infusion des feuilles, aux alentours de 80% lors de la première minute. Si l’on est sensible aux effets de la caféine, on peut donc vider la première infusion au bout de vingt au trente secondes. Mais ceci est bien sûr à éviter pour les grands crus ; il serait fort dommage de se priver de la richesse de leur première infusion ! Il faut savoir aussi que plus l’eau d’infusion est chaude, plus la caféine est libérée. Et enfin que, contrairement aux idées reçues, la couleur de la liqueur est indépendante de la durée de l’infusion ! Elle dépend en fait essentiellement de la famille de thé (blanc, vert…). Un thé très coloré ne signifie pas qu’il a été infusé longuement ou qu’il est chargé en caféine !

Théine, théanine, du pareil au même ?

Tout comme il y a souvent confusion entre théine et caféine, le doute se pose face au terme de théanine. Est-ce une faute de frappe, ou bien réellement un autre élément constitutif du thé ? La seconde réponse est la bonne. La théanine est spécifique au thé : c’est l’acide aminé prédominant dans les feuilles de thé (vert ou blanc). Elle représente de 1 à 2% du poids total des feuilles et elle donne au thé sa douceur. A la fois astringente et sucrée, elle agit comme un exhausteur de goût, contribuant, avec les autres acides aminés, à l’umami du thé, la mystérieuse saveur si recherchée par les gastronomes. La théanine a aussi des propriétés intéressantes au niveau de la santé et aurait notamment un rôle anti-dépresseur. Les premières feuilles d’un théier contiennent plus de théanine que les feuilles plus basses.

Valérie Douniaux ; Jean-Benoît Bourrel

*Kola ou cola : noix de cola, graine du colatier, rouge ou blanche, grosse comme une noix, douée de propriétés stimulantes, utilisée dans certaines boissons (:-))) et en pharmacie.
*
Le guarana (Paullinia cupana) est un arbuste de la famille des Sapindacées, originaire de l’Amazonie brésilienne. Une forme de soda, très populaire au Brésil, appelée uniformément guarana, est synthétisée à partir d’extraits de la plante.

Le thé fait-il maigrir ?

Dans nos sociétés d’abondance et d’apparence, nombreuses sont les personnes en quête permanente du nouveau régime qui permettra de faire disparaître rapidement leurs kilos superflus, encouragées en cela par les médias ou par des marchands peu scrupuleux. Le thé est ainsi souvent mis en avant comme un allié précieux dans le cadre d’une diète amincissante. Mais qu’en est-il réellement ?

Thé UNAMI

Un argument marketing

L’affirmation de son action positive lors d’un régime amincissant a été l’un des arguments majeurs ayant favorisé l’engouement important pour le thé (notamment vert et Pu Er) ces dernières années en Occident. Beaucoup de consommateurs se sont mis à boire du thé dans l’espoir de perdre quelques kilos, mais cela a-t-il vraiment fonctionné ?

Un allié néanmoins précieux

En fait, comme n’importe quel autre liquide, le thé produit une sensation de satiété et peut donc stopper les envies de grignotage. Il est aussi bien sûr diurétique, mais il ne faut pas croire que ce seul effet sera suffisant pour perdre significativement du poids. En outre, le thé (nature bien sûr, sans adjonction de sucre ou de lait) a l’avantage, par rapport à d’autres boissons, d’être très peu calorique (seulement 2 calories par tasse). Enfin, la caféine du thé peut être un outil pour lutter contre la fatigue et la baisse de tonus qui peuvent accompagner un régime.

Par ailleurs, de nombreuses études ont confirmé que la consommation de thé entraine une diminution de l’absorption des graisses par le système digestif et des travaux portent aussi à penser que l’effet combiné de la caféine, de la théanine et des catéchines aurait une influence sur la perte de poids. La gallate d’épigallocatéchine pourrait aussi agir sur le centre de la satiété et sur le métabolisme des sucres et des graisses. Toutes suggestions encourageantes mais dont la véracité reste encore à affirmer de manière absolue.

Pas une potion magique

En tous cas, rien ne prouve que les « mélanges amincissants » ou nombreux « produits détox » que l’on a vu fleurir sur les rayonnages des magasins ces dernières années aient une réelle action, autre que celle d’un placebo. Un simple thé nature ou une infusion bien choisis, tout en étant moins onéreux que ces produits à l’emballage tape-à-l’oeil, seront probablement tout aussi efficaces. Et moins risqués car on sait au moins dans ce cas ce que l’on consomme ! En bref, le thé peut offrir quelques qualités non négligeables dans une diète, mais il doit pour cela s’accompagner d’un régime alimentaire équilibré et régulier.

Thés blancs, jaunes, verts, rouges… une seule et même plante !

Contrairement à ce qu’il a d’abord été cru en Occident, tous les thés sont obtenus à partir d’une seule et même plante, le Camellia sinensis (camélia chinois). C’est le traitement des feuilles récoltées qui fait la différence et permet d’obtenir du thé blanc (le moins transformé), jaune, vert, bleu-vert, rouge (fréquemment appelé « noir » en Occident, d’où une certaine confusion) ou noir (dit « sombre » en Occident). Il faut savoir aussi que la couleur fait généralement référence à la liqueur obtenue lors de l’infusion et non aux feuilles elles-mêmes. Seule la Chine produit toute la gamme des couleurs du thé.

Il est parfois difficile pour les consommateurs de s’y retrouver dans les couleurs du thé, dont les appellations sont parfois floues comme nous venons de le voir. Voici donc en résumé les caractéristiques des différentes familles, afin de vous aider à explorer au mieux les richesses offertes par chacune.

Les thés blancs

Ils ne subissent que deux étapes : un délicat flétrissage et un séchage, les deux à l’air libre pour les bons thés ! Pendant cette seconde phase une légère oxydation a lieu, et est stoppée par une intense dessiccation finale.

Les thés blancs offrent une liqueur limpide et fraiche, un goût très subtil. Ils sont à infuser et boire de préférence dans une tasse à couvercle chinoise, le zhong, ou à infuser  dans une petite théière en porcelaine (de quatre à six minutes selon la qualité utilisée), en renouvelant l’infusion plusieurs fois et en utilisant une eau chauffée de préférence à 80°C à 85°C .

Les thés jaunes

Les thés jaunes sont encore méconnus et peu diffusés hors de la Chine. Il semblerait que la traduction littérale du nom désigne un thé vert ayant mal vieilli. Mais on dit aussi que cette appellation de « thé jaune » rappelle que la couleur jaune était, en Chine, réservée à l’Empereur. Les thés de qualité offerts au monarque étaient dès lors qualifiés de « jaunes », quelle que soit leur famille ou leur région d’origine. Aujourd’hui, cependant, le nom de thé jaune ne s’applique plus qu’aux thés de certaines régions. Ce sont des thés proches des thés verts, mais dont les feuilles sont entassées afin d’être exposées à une chaleur plus ou moins humide qui favorise une légère oxydation, stoppée par séchage. Ils sont à infuser et boire de préférence dans une tasse à couvercle chinoise, le zhong, ou à infuser (de deux à quatre minutes selon la qualité utilisée) dans une petite théière en porcelaine, en renouvelant l’infusion plusieurs fois et en utilisant une eau chauffée de préférence à 75°C à 85°C.

Les thés verts

Les thés verts sont des thés dits non-oxydés, le processus d’oxydation étant stoppé le plus rapidement possible, par étuvage, dans un tambour ou dans un wok. Ce sont les thés les plus répandus en Chine et au Japon. Une famille d’une très grande variété donc, chaque pays, chaque région même, ayant développé des saveurs spécifiques. Nous reviendrons plus tard sur les modes préparatoires, la famille étant trop vaste pour les résumer facilement !

Les thés bleu-vert (wulong ou oolong)

Ces thés partiellement oxydés sont appelés « bleus-verts », soit par référence à la couleur des feuilles sèches, soit par rapport à la couleur des feuilles infusées et de la liqueur (qui varient beaucoup selon les thés). Le terme de wulong (oolong en anglais) signifie « dragon noir » en chinois. Il aurait été attribué à ces thés en raison de la forme et la forme de leurs feuilles, qui évoque le dos et les ailes de la créature fantastique. Selon une autre version, le nom serait dérivé de celui d’un paysan chinois du XVIIIe siècle, qui aurait, sans le vouloir, inventé les thés partiellement oxydés pour avoir chassé et dégusté une chèvre (ou un cerf) au lieu de s’occuper de sa récolte, laissant les feuilles de thé s’oxyder et gagner un arôme intense.

Les wulong sont en fait apparus sous la dynastie des Ming, au XVIe siècle, en Chine du sud (Fujian, Guangdong, Formose). Ils sont souvent obtenus avec des feuilles plus mûres et plus grandes que les thés verts, car récoltées plus tard dans la saison. Leur degré d’oxydation peut aller de 10 à 70%, et cette famille offre donc un grand éventail de saveurs. Les wulong contiennent peu de théine et peuvent aisément se boire le soir. Leur préparation en gong fu cha permet de profiter au mieux de  leur saveur. Les bonnes qualités se préparent de préférence dans une petite (10 à 25cl) théière en terre cuite chinoise yixing, en renouvelant plusieurs fois l’infusion, qui va de 30 secondes à une minute, plusieurs fois et en utilisant une eau chauffée de préférence à 95°C.  Pour les qualités plus courantes, vous pouvez utiliser une théière en porcelaine et faire infuser 5 min avec la même température.

Les thés rouges (« noirs », « black teas »)

Les thés rouges seraient apparus en Chine au XVIIe siècle, et sont des thés oxydés. (et non fermentés comme on le dit souvent !). La durée de leur phase d’oxydation est de quelques heures et varie selon les conditions climatiques, l’humidité, la chaleur. Selon la légende, du thé vert envoyé de Chine à destination de l’Angleterre aurait subi une oxydation involontaire lors de son voyage en bateau, mais aurait néanmoins plu aux consommateurs, incitant les importateurs à commander des thés ainsi transformés aux Chinois.

Attention ! Il ne faut surtout pas confondre ces thés avec la boisson nationale de l’Afrique du Sud, le rooibos, qui est souvent appelé thé rouge, mais qui est en réalité issu d’une autre plante dénuée de théine, l’Aspalthus Linearis.

Les très bonnes qualités se préparent de préférence dans une petite (10 à 25cl) théière en terre cuite chinoise yixing, en renouvelant l’infusion (de 30 secondes à une minute) plusieurs fois et en utilisant une eau chauffée de préférence à 95°C.  Pour les qualités plus courantes, vous pouvez utiliser une théière en porcelaine et faire infuser 4 min à 90°C.

Les thés noirs, sombres

Il existe plusieurs thés fermentés en Asie. Les plus connus sont cependant les Pu’Er chinois à grandes feuilles (Da Ye), cultivés dans le Yunnan. Ces thés sont dits noirs ou sombres, en référence à la couleur brun foncé de la liqueur du plus célèbre d’entre eux, le Pu’Er cuit.

Le mode de fabrication des  Pu’Er est très ancien et comprend un flétrissage au soleil des feuilles récoltées. Les producteurs vendent ce produit brut à des manufactures qui vont le transformer en Pu’Er cru dit Sheng ou cuit dit Shu.

Pour créer un Pu’Er cru, les feuilles sèches sont étuvées afin d’être ramollies, et ensuite compressées entre des plaques. Les galettes (généralement de 357 grammes) sont emballées et laissées à vieillir par un lent processus de post-fermentation, sous l’action d’une levure. Celle-ci fait évoluer leur goût : d’abord astringent et minéral, il ira au fil des années vers des notes plus boisées. Ces thés gagnent donc à être conservés. Les plus âgés peuvent atteindre des sommes astronomiques en Chine,  mais attention aux contrefaçons, aux faux « vieux » thés vendus en Occident !

Le Pu’Er cuit est né en Chine dans les années 1970, afin de reproduire le processus du Pu’Er cru mais en accélérant artificiellement la fermentation. Pour cela, les feuilles sont disposées en couches épaisses, arrosées et recouvertes, afin de déclencher une fermentation contrôlée pendant un à trois mois, comme on pourrait le faire pour un compost ! Pour stopper le processus, les feuilles sont étalées en couches plus minces et laissées à sécher. Elles sont ensuite compressées, ou triées pour être commercialisées en vrac. Cette méthode contemporaine permet donc de consommer immédiatement le thé, sans le long vieillissement nécessaire à l’obtention du Pu’Er cru. En fait,  le Pu’Er cuit offre un goût très différent, avec des notes de sous-bois, de terre humide, et une saveur légèrement sucrée.

Ce n’est pas une famille : les thés fumés

Originaires de Chine, ces thés dateraient de la fin du XVIIe siècle. Ce sont des thés rouges auxquels on fait subir une phase supplémentaire. Aujourd’hui encore, les consommateurs occidentaux ont tendance à croire que tous les thés rouges de Chine sont fumés, mais c’est loin d’être le cas.

Les thés fumés sont désignés par le nom générique de Lapsang souchong (on devrait dire Zheng Shan Xiao Zhong !)  car ils sont obtenus à partir de souchong, les feuilles basses des théiers, plus grandes et plus âgées que les feuilles hautes. Ces feuilles basses sont aussi de moindre qualité et c’est pourquoi les Chinois ont imaginé de les fumer après les étapes d’oxydation et de torréfaction. Le procédé de fumage est encore artisanal pour les très bonnes qualités : les feuilles entières sont disposées sur des claies de bambou, au-dessus d’un feu de pin ou d’épicéa frais, pendant une durée variable.

La liqueur des thés fumés est rouge ; leur goût est très particulier, fort, fumé, mais aussi boisé. Les Chinois ne consomment pas les thés exportés, très fumés, et leur préfèrent des qualités supérieures, plus délicatement fumées, comme le Zheng Shan Xiao Zhong.

Valérie Douniaux – Jean-Benoît Bourrel

Petits biscuits matcha pour accompagner le thé

Le thé vert japonais réduit en poudre, le thé vert matcha, est utilisé pour la cérémonie japonaise,  le chanoyu, mais aussi pour confectionner de délicieuses pâtisseries à la surprenante couleur verte ! Dans ce cas, on utilise la qualité de matcha dite « culinaire ». Béa vous propose de petits biscuits au thé vert matcha pour accompagner vos thés préférés.

Il vous faudra :
50g de poudre d’amandes
160g de farine
100g de sucre
90g de beurre mou
3 jaunes d’œufs
1 c à soupe rase de Matcha
1 c à café de vanille liquide

Moelleux au Matcha
Gros biscuit au Matcha

Préparation :
Mélanger le beurre avec tous les ingrédients : sucre, œufs, farine, poudre d’amandes, matcha, vanille.
Faire une boule et mettre au réfrigérateur quelques heures.
A l’aide d’un emporte-pièces, découper les formes. Attention l’épaisseur de vos biscuits ne doit pas excéder 0,5cm !
Les disposer sur une plaque en silicone et faire cuire environ 12/15 min à 180°C selon votre four.
Préparez votre thé préféré et dégustez !

La galette des Unamiens !

Il vous faudra

  • 2 pâtes feuilletées
  • 150g de poudre d’amandes
  • 140g de beurre mou
  • 120g de sucre
  • 2 œufs
  • du matcha
  • environ 20 framboises fraîches (ou surgelées selon la saison !)
  • du chocolat blanc
  • 1 jaune d’œuf
  • 1 c à soupe de lait

Matcha

Préparation :

  • Mélanger le sucre, le beurre, la poudre d’amandes, le matcha et les œufs
  • Etaler cette préparation sur la première pâte
  • A votre goût décorer avec des framboises
  • Pour plus de gourmandises, ajoutez-y des petits éclats de chocolat blanc
  • N’oubliez pas la fève !
  • Recouvrir de la deuxième pâte.
  • Coller les 2 pâtes en rabattant la première sur la deuxième en appuyant avec les doigts
  • Badigeonner avec le jaune d’œuf mélangé avec le lait afin qu’elle soit bien dorée
  • Mettre au four environ 25 min à 200°C
  • Attendre que la galette soit refroidie pour déguster !

Cha dao ou sadô, les Voies du thé

On évoque souvent la Voie du thé (cha dao en Chine, sadô au Japon). Mais que désigne donc cette mystérieuse expression, sur quels chemins cette voie nous conduit-elle ?

Quel que soit le parcours entrepris et le pays, la voie du thé est une voie de l’éveil, dans tous les sens du terme. Eveil physique bien sûr, grâce aux propriétés stimulantes du thé, mais surtout éveil spirituel. La Voie du thé est en effet née en Chine, et prend ses sources dans trois grands courants de pensée : le taoïsme, le confucianisme et le bouddhisme. La Voie du thé chinoise s’appuie sur trois notions essentielles : la pureté ou purification du cœur, la quiétude et le non-agir, le wuwei, tandis qu’au Japon, elle compte quatre fondements : harmonie, respect, pureté, sérénité (wa, kei, sei, jaku).

« La première tasse onctueusement humecte lèvres et gosier ;
 la deuxième bannit toute ma solitude ;
 la troisième dissipe la lourdeur de mon esprit, 
affinant l’inspiration acquise par tous les livres que j’ai lus.
 La quatrième produit une légère transpiration,
 dispersant par mes pores les afflictions de toute une vie. 
La cinquième tasse purifie tous les atomes de mon être.
 La sixième me fait de la race des Immortels.
La septième est la dernière… Je n’en puis boire davantage. »
Les sept tasses de thé. Poème de Lu Tung, Dynastie Tang (618-907).

Le thé en Chine
Le thé en Chine

Le thé et le chan, deux destins étroitement liés

Dès la dynastie des Tang (618-907), le thé est adopté par les lettrés et penseurs chinois. Le poète Lu Yu (733-804) est l’auteur du premier traité sur le thé, Le classique du Thé (Ch’a jing ou king). Ce texte préconise la préparation de la plante sans la mélanger à d’autres ingrédients et, surtout, souligne la dimension spirituelle du thé, affirmant que « lorsqu’en se consacrant au thé on s’imprègne de sagesse, de principes moraux, de vertus, qu’au moyen du thé on cultive sa nature et développe une bonne conduite, qu’on réfléchit à l’existence, qu’on médite et cherche la vérité, de façon à trouver bien-être spirituel et pureté morale, alors on atteint le royaume supérieur du thé : la voie du thé  ».

Le thé tient également une place importante dans le bouddhisme chan et suit le parcours de l’implantation du chan au Japon, où il devient le zen. Les moines japonais qui vont en Chine étudier le chan emportent dans leurs bagages le précieux breuvage, qui est leur allié pendant les longues séances de méditation. Ils l’utilisent également lors de cérémonies et jouent ainsi un rôle primordial dans le développement de la culture et la consommation du thé dans l’archipel. Un proverbe connu en Chine, « Thé et bouddhisme (chan) sont unis, thé et bouddhisme ne font qu’un ! » indique qu’ils sont liés par une relation prédestinée, une harmonie naturelle.

Cérémonie chinoise
Cérémonie chinoise

Les rituels du thé

Le thé apporté au Japon par les moines est un thé réduit en poudre et battu avec un fouet de bambou. Ce nouveau mode de préparation est apparu  en Chine sous les Song (960-1279), mais est rapidement abandonné dans l’Empire du Milieu, alors que le Japon l’adopte durablement, pour en faire la base de son rituel du thé, le chanoyu.

L'Usucha, le thé matcha léger
L’Usucha, le thé matcha léger

Que le thé soit battu ou infusé, de véritables « rituels », improprement appelés  « cérémonies » en Occident, se mettent en place en Chine comme au Japon. Ces rituels du thé ont connu avec le temps une plus grande diversification en Chine qu’au Japon, où le chanoyu (« l’eau chaude pour le thé »), codifié au XVe siècle, est toujours prédominant. Nous détaillerons dans de futurs articles les grands principes de ces apprentissages, dont le but majeur est, comme nous le disions en introduction, de parvenir à la sérénité et à la paix de l’esprit, mais qui sont aussi un prétexte à l’échange, à un moment de pause et de partage au milieu des tumultes du monde.

Valérie Douniaux ; Jean-Benoît Bourrel

L’histoire du thé, les origines

Nous avons précédemment évoqué les légendes dédiées à la naissance du thé. Maintenant, place à l’histoire ! Moins poétique mais tout aussi mystérieuse !
En effet, l’apparition de la culture et de la consommation du thé reste relativement méconnue. On sait cependant que les premiers théiers sauvages proviennent de la zone subtropicale englobant les confins de la Chine, de la Birmanie et du Laos.


Le thé comme aliment

Avant même le développement d’une véritable culture du thé, les théiers sauvages sont utilisés dans l’alimentation, et le thé reste d’ailleurs un ingrédient culinaire jusqu’aux Tang (618-907). Il est utilisé comme un légume amer, qu’on fait sauter. Il sert également à la préparation d’une mixture qui se rapproche de la soupe, et  dans laquelle on ajoute du sel, des oignons…

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Brique de Pu Er cuit

C’est probablement entre le VIe et le Ve siècles avant notre ère que se met en place la culture du thé proprement dite, d’abord dans les régions montagneuses du Yunnan et du Si Chuan, au sud-ouest de la Chine, puis également dans d’autres provinces chinoises, au sud du fleuve Yang Zi. Le thé sous forme de boisson apparaît au Si Chuan, entre le IIe siècle et le Ier siècle. Les feuilles sont compressées en briques, gâteaux ou galettes, qu’on fait chauffer pour en prélever des miettes, qui sont ensuite mises à bouillir et agrémentées d’épices, de gingembre, ou encore de sel, d’oignons… Bref, un goût encore très éloigné du thé comme on l’entend aujourd’hui !

Une potion presque magique !

On prête alors déjà au thé de nombreuses vertus médicinales, comme celles de soigner les maux de tête, de faciliter la digestion, ou même d’allonger l’espérance de vie…Une véritable potion magique ! Néanmoins, au fil du temps, le thé perd son caractère purement médicinal ou alimentaire. Célébré par les poètes, il est dégusté pour le plaisir et l’on considère qu’il favorise la paix du corps et de l’esprit.

De nos jours, les diverses grandes vertus du thé sont de nouveau mises presque sur un pied d’égalité. Le thé est consommé aussi bien comme une boisson détente, comme un petit plaisir quotidien, que comme un breuvage bénéfique pour la santé. L’aspect culinaire retrouve également une certaine popularité, les chefs rivalisant d’imagination pour intégrer le thé dans leurs créations. Par-delà les siècles, les différents visages du thé, plus ou moins présents au gré de l’évolution de sa consommation, sont donc finalement parvenus à fusionner en harmonie, pour le plus grand bonheur des amateurs !

Valérie Douniaux

La légende du thé

Pour ce premier article de notre série sur l’histoire du thé, plongeons-nous des siècles en arrière, à la recherche des origines de cette plante aux multiples vertus. Plutôt mystérieuse, la naissance de la consommation du thé a donné lieu à l’apparition de nombreuses légendes, dont voici les deux plus célèbres.

Shen Nong, le divin agriculteur

C’était il y a plus de deux mille ans avant J.-C.. L’empereur mythique chinois Shen Nong, le « divin agriculteur», décida un jour de faire bouillir de l’eau pour étancher sa soif, pendant une halte au pied d’un théier. Quelques feuilles se détachèrent de l’arbuste pour tomber dans le récipient contenant l’eau destinée au souverain, et le goût qu’elles apportèrent au liquide séduisit tellement Shen Nong qu’il ordonna la culture de cette plante à la saveur si subtile.
shen nong tea
Ce récit est peut-être une légende, mais il rappelle l’usage, toujours pratiqué en Chine, de faire chauffer l’eau avant de la boire. En effet, la médecine chinoise attribue (avec justesse) à l’eau chaude des propriétés bénéfiques pour la santé. Shen Nong est lui-même considéré comme le père de la médecine chinoise et serait l’auteur du premier traité écrit dans cette discipline. On dit qu’il testait sur lui les plantes qu’il découvrait et qu’il aurait ainsi un jour absorbé soixante-douze poisons, dont le thé aurait dissipé les effets néfastes !

Bodhidharma, le thé spirituel

Une autre légende, plus répandue au Japon, met en scène le prince et moine indien Bodhidharma (Ve-VIe siècles). Souvent représenté sous les traits plutôt sévères d’un homme hirsute, à l’épaisse barbe et aux sourcils broussailleux, Bodhidharma est considéré comme le fondateur de l’école bouddhiste chinoise ch’an, qui est devenue le zen au Japon. Bodhidharma, ayant fait vœu de rester plusieurs années à méditer sans dormir, se serait coupé les paupières pour se punir d’avoir failli à sa promesse. Le premier théier aurait poussé là où sont tombées les paupières princières…

Probablement inspirée par la forme des feuilles de thé, qui pourrait évoquer celle de paupières, cette légende est également, comme la précédente, révélatrice de certaines réalités de l’histoire et de la consommation du thé, et rappelle que ce sont les moines zen, de retour d’études sur le continent chinois, qui ont importé dans l’archipel cette plante qui allait devenir si prépondérante dans la culture japonaise.

Dans les deux cas, histoire et légende se mêlent donc pour tenter d’apporter des réponses au mystère de l’apparition du thé dans la pharmacopée et la culture chinoise puis japonaise. De beaux récits, qui prouvent une fois encore la place majeure du thé en Extrême-Orient, et qui apportent une touche de rêve bienvenue dans notre société contemporaine, aux modes de consommation devenus bien plus prosaïques.

Valérie Douniaux

Cake salé au thé vert matcha

imaginée en exclusivité chez UNAMI par Béa pour nos amies les Bloggeuses Lilloises

Le thé vert japonais réduit en poudre, le thé vert matcha, est utilisé pour la cérémonie japonaise,  le Cha No Yu, mais aussi pour confectionner de délicieuses pâtisseries à la surprenante couleur verte ! Dans ce cas, on utilise la qualité de matcha dite « culinaire ». Dans cette recette de cake salé au thé vert matcha, Béa vous propose d’utiliser un autre produit japonais, le sarrasin grillé, le soba cha.

Il vous faudra :

  • 3 œufs
  • 2 c à café de fécule de pomme de Terre
  • 1 c à soupe d’huile d’olive
  • 20 cl de crème fraiche liquide légère
  • 1 fromage de chèvre style petit Billy
  • 1 tomate coupée en petits cubes
  • 1 courgette idem
  • Basilic
  • Ciboulette
  • Sel
  • Poivre
  • Piment d’Espelette
  • 1 c à soupe rase de Matcha (thé vert en poudre japonais type culinaire)
  • du Soba Cha (graines de sarrasin grillés – japonaises)
SobaCha
Soba Cha

Préparation :

  • Battre les œufs avec l’huile.
  • Ajouter la fécule, le Matcha puis la crème.
  • Y mélanger le fromage de chèvre, les tomates, les courgettes.
  • Puis le basilic et la ciboulette à votre convenance.
  • Assaisonner à votre goût : sel, poivre, piment d’Espelette
  • La préparation est assez liquide.
  • La déposer dans un moule à cake.
  • Et la recouvrir de Soba Cha
  • Faire cuire environ 30 min à 180°C selon votre four.
  • Votre cake est cuit lorsque la pointe du couteau ressort sèche
  • Ce cake peut se manger chaud ou froid

Bon Appétit !