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Le Rooibos, la plante à la robe rouge

Souvent improprement appelé « thé rouge », y compris par de nombreuses « marques » de thé, le rooibos est en réalité ce qu’on appelle un « faux thé », une plante qui n’a rien à voir avec le thé, même si on la prépare également en infusion. Il doit son nom, qui signifie « buisson rougeâtre » en afrikaans (et qui se prononce « roï-boss »), à la couleur de son infusion et à celle que prennent ses fines feuilles quand il est torréfié. Son nom botanique est d’ailleurs asplathus linearis alors que le thé est issu du camelia sinensis ! Il faut également savoir que les Chinois utilisent le terme de « thé rouge », Hong Cha, pour désigner la famille des thés oxydés que les britanniques ont dénommé « black tea » (« thé noir ») en opposition au thé vert, non oxydé, le « green tea » ! Donc, attention aux nombreuses confusions !

Rooibos Vert
Rooibos « Vert » non torréfié

Une source de bienfaits

Poussant exclusivement en Afrique du Sud, le rooibos offre de nombreux bienfaits pour la santé. Fortement concentré en flavonoïdes, il a en particulier un effet apaisant sur le système digestif, et peut donc se révéler précieux après un repas trop lourd, ou en cas de troubles intestinaux, de diarrhées… En Afrique du Sud, il est même donné à boire tiède aux nourrissons souffrant de coliques.

Selon des recherches menées aux Etats-Unis, le rooibos pourrait également aider à protéger contre l’apparition de cancers ou de maladies graves, ou contre l’hypertension, grâce à ses puissantes propriétés antioxydantes. Il pourrait également soulager l’asthme, la bronchite, la pneumonie…

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Rooibos « Rouge » torréfié

Un allié de notre sourire et de notre peau

Riche en fluor, le rooibos se révèle donc un allié précieux pour la santé dentaire, et a l’avantage supplémentaire de ne pas contenir de caféine, donc de pas jaunir du tout les dents. Cette caractéristique du rooibos lui permet également d’être consommé quelle que soit l’heure, un point important à noter pour ceux qui craignent les effets de la caféine sur le sommeil.

Mais ce n’est pas tout. Le rooibos est également riche en zinc, un minéral à l’action antibactérienne et réparatrice bien connue. La consommation de rooibos permettrait ainsi de lutter contre les irritations comme l’eczéma, l’érythème fessier et il est même possible d’appliquer l’infusion directement sur la zone lésée, pour un usage externe complémentaire.

Outre le zinc, le rooibos contient aussi du fer, du potassium, du calcium, du magnésium et des oligoéléments, comme le manganèse et le cuivre. Tous éléments dont l’action bénéfique sur l’organisme n’est plus à prouver.

S’il n’est donc pas véritablement un thé, le rooibos n’en est donc pas moins une boisson à la fois agréable au palais et aux nombreuses vertus.

A consommer, nature ou aromatisé, chaud ou froid, le matin comme le soir !

Le thé : une boisson riche en antioxydants

Les médias et de nombreux spécialistes chantent depuis quelques années les vertus des antioxydants et leur action bénéfique pour la santé. Mais qu’est-ce précisément qu’un antioxydant ? Le thé est-il antioxydant ? Et trouve-t-on autant d’antioxydants dans le thé que l’on entend souvent le dire ?

Pour commencer par le commencement, un antioxydant est tout simplement, comme son nom l’indique, une molécule qui diminue ou empêche l’oxydation d’autres substances chimiques. L’oxydation qui produit les fameux radicaux, dont on entend également souvent parler, de manière négative pour leur part. Le stress oxydatif, créé par une déficience ou une absence de production d’enzymes anti oxydantes, semblerait en effet être à l’origine de nombreuses maladies.

Le rôle des tanins

Les tanins représentent une grande part du poids sec du thé. Leur concentration varie cependant selon le lieu et les conditions de culture, ou selon l’âge de la feuille. Plutôt que de tanins végétaux, on parle volontiers, depuis 1980, de polyphénols.

Les polyphénols sont des composés synthétisés par les végétaux, qui les utilisent pour se défendre contre les agressions environnementales. Pigments naturels, les polyphénols contribuent à la couleur, l’arôme et l’astringence du thé. Les flavonoïdes, qui font partie des polyphénols, sont de puissants antioxydants, aux effets bénéfiques contre le cancer et les affections cardiovasculaires. L’effet antioxydant du thé est à peu près identique à celui du vin rouge, qui a un rôle protecteur contre les maladies cardio-vasculaires quand il est consommé à faible dose, un verre par jour. L’effet antioxydant du thé semble aussi supérieur aussi à celui de nombreux fruits, de la vitamine C et E, ou à celui du béta-carotène.

Le thé le plus riche en polyphénols est le thé vert du Japon (300 à 400 mg par tasse, contre une moyenne de 200 mg par tasse de thé). Les polyphénols diffèrent dans le thé vert et le thé rouge (dit « noir » en Occident), à cause du processus d’oxydation. Dans le thé rouge, on trouve surtout la théaflavine et la théarubigine, qui sont absentes du thé vert. Le thé vert compte par contre des catéchines, peu présentes dans le thé rouge, et qui sont des flavonoïdes, de la sous-classe des flavanols. Cependant, il faut savoir que les catéchines ne s’infusent quasiment pas à moins de 80°C. Ce sont elles qui donnent au thé vert son shibumi*, c’est-à-dire son astringence, une sensation de crispation des muqueuses.

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Les catéchines et leur rôle dans la prévention et le traitement du cancer

L’épigallocatéchine gallate (EGCG) est la principale catéchine du thé vert. Antioxydant efficace, elle aurait à la fois un rôle préventif contre le cancer et un rôle de ralentisseur du développement de la maladie. En effet, l’EGCG empêche l’angiogenèse, le processus de développement de nouveaux vaisseaux sanguins à partir de vaisseaux existants, nécessaire à la croissance des tumeurs et de leurs métastases. Le livre Anticancer, de David Servan-Schreiber, résume de manière très claire les résultats des études menées sur le rôle du thé vert et de l’EGCG dans la prévention et le traitement de la maladie (Anticancer, prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles, Editions Robert Laffont, 2007, pages 169-171).

De nombreux travaux ont notamment démontré que l’action de l’EGCG serait intéressante pour le traitement des cancers de l’estomac. Ce cancer est le plus répandu au Japon ; mais les régions productrices de thé, comme Shizuoka, sont celles qui comptent les plus faibles pourcentages de décès par ce cancer. Or, les habitants de Shizuoka consomment du thé dès la plus petite enfance et, globalement, consommeraient de 3 à 5 kilos de feuilles de thé par personne et par an, soit cinq à sept fois plus que la moyenne nationale.

Nous venons de parler de thé vert, notamment du thé vert japonais, qui a fait l’objet d’études « scientifiques » dans le cadre de la médecine classique.  Mais toutes les familles de thé sont recommandées en médecine traditionnelle chinoise. On les classe par « couleurs », qui reflétent le degré d’oxydation du thé. Blancs, jaunes, bleu-vert (wulong), verts, rouges (appelés « noirs » par les Occidentaux) et sombre (appelés « noirs  » par les Chinois, notamment les thés PuEr). Les Chinois consomment  ces divers thés en fonction du moment de la journée, des saisons… et du goût !

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Mais restons réalistes

Malgré des résultats de recherches, et même sur le terrain, convaincants, il convient de rester réaliste. Le thé ne peut guérir tous les maux à lui tout seul, ni lutter en solitaire contre une maladie grave. Il est important, tout en consommant cette précieuse plante, d’avoir un régime alimentaire équilibré, une vie saine, de chasser le stress …

Des recherches menées au Japon démontreraient la capacité du thé à renforcer l’effet positif de la consommation d’agrumes, une preuve de la complémentarité bénéfique des différents ingrédients de notre alimentation. Après tout, c’est ce que prône depuis des siècles la médecine traditionnelle asiatique, qui envisage l’organisme et son fonctionnement de manière globale, alors que notre médecine occidentale se focalise sur un symptôme précis, sans considérer le terrain qui lui a permis de se développer. L’équilibre recherché par la médecine asiatique est une simple question de bon sens, et sa recherche commence par notre alimentation !

Par ailleurs, il faut garder en mémoire que les effets du thé sont temporaires et ne peuvent donc fonctionner que sur la durée, dans le cadre d’une consommation régulière. Le thé est donc un allié précieux pour notre santé, mais ne doit pas être un alibi. Il faut aussi rester prudent face aux arguments marketings de choc avancés par certains distributeurs, qui semblent parfois plus vendre une « potion magique » que du thé. Le thé est un produit précieux, non seulement bon au goût mais aussi pour ses effets. Mais il faut savoir le choisir, le préparer et le consommer correctement. N’hésitez donc pas à demander conseil !