Archives par mot-clé : thé à la menthe

Le thé à la menthe est né au XIXe siècle !

Dans l’imaginaire collectif, le thé à la menthe est une tradition quasi immémoriale, mais pourtant son histoire ne débute qu’au XIXe siècle.

Les Anglais, suite à la guerre de Crimée (1870), sont confrontés à la perte du marché slave. Ils cherchent alors de nouvelles pistes commerciales et prennent le parti d’écouler leurs stocks au Maroc. L’usage du thé au Maroc remonterait donc au début du XIXe siècle mais il a d’abord été réservé à une élite, au sultan et à son entourage, puis aux maisons de notables. Le thé reçut cependant un accueil encourageant et sa consommation se développa rapidement pour devenir la boisson quotidienne de toutes les couches sociales.

Photo Menthe

La boisson chaude jusque-là la plus répandue dans ces régions était préparée avec des feuilles de menthe, parfois avec de l’absinthe. Très vite, le thé fut mélangé à ces plantes, diminuant leur l’amertume sans dénaturer leur goût ou leur couleur. Un rituel se mit en place autour de la préparation du thé. Grâce aux nomades, il se diffusa rapidement. Offrir le thé à la menthe devint une règle d’hospitalité, un signe de savoir-vivre.

Les Marocains disent « graines de thé » (hboub atây) pour parler des feuilles roulées de vert chinois. Le thé est le plus souvent préparé par le chef de famille ou par son aîné. Dans la forme la plus répandue du rituel, deux théières sont préparées simultanément et on dépose dans chacune une pincée de thé vert (principalement du Gunpowder chinois, mais aussi du Chun Mei composés de feuilles grises), rincé à l’eau bouillante pour lui ôter son amertume. Une poignée de menthe fraîche (nanah ou na’nâ) et du sucre (pain de sucre) sont ajoutés et recouverts d’eau bouillante. Après quelques minutes, l’hôte remue le mélange, le goûte pour l’ajuster si besoin. Il sert le thé à l’aide des deux théières, en le versant de très haut (pour bien l’oxygéner) dans de petits verres posés sur un plateau de métal. Trois infusions sont servies, de plus en plus sucrées. Après la dernière, l’invité se doit de donner le signal du départ. Les Touaregs disent poétiquement que le premier thé est fort comme la vie, le second doux comme l’amour et le dernier apaisant comme la mort.

 Notre sélection vous propose aussi des mélanges avec de la menthe comme Rose des sables, Thé vert à la menthe, Entre Nuages et Pluie,…

Recette de thé vert à la Menthe
3 ou 4 c.c de thé vert de bonne qualité type Gunpowder
1 l d’eau
1 poignée de menthe fraîche très parfumée de type marocaine nanah
Sucre à convenance

Préparation à la « marocaine »: verser l’eau dans une casserole. Faire frémir (95°C) 1 litre d’eau dans un récipient couvert de préférence. Rincer la théière à l’eau bouillante. Mettre le thé. Verser sur le thé, 1 verre d’eau frémissante pour le rincer. Jeter cette eau de rinçage. Ce rinçage permet d’enlever une partie de l’amertume du thé. Il existe aussi des petites théières, équipées d’un filtre de bec…. Plonger ensuite la menthe rincée et égouttée dans la théière. Ajouter le sucre selon le goût souhaité. Remplir la théière d’eau bouillante. Ne laisser pas la menthe remonter à la surface pour qu’elle ne noircisse pas. Couvrir. Laisser le thé infuser 5 minutes avant de servir. Boire très chaud.

Conseils: • Pour obtenir une bonne infusion, vous devez avant tout disposer d’une bonne eau, pure, fraîche, sans odeur ni calcaire. Si l’eau du robinet est trop chlorée ou calcaire, préférez de l’eau vendue en bouteille type Montcalm, Mont Roucous, Black Forest, ….
• Pour faire un bon thé, l’eau ne doit jamais être bouillante, mais frémissante, les bulles rondes doivent monter à la surface...
• La théière ne doit être employée pour aucun autre usage. Elle doit être réservée pour le thé à la menthe. La choisir en terre ou en porcelaine. Ne jamais la laver avec des produits détergents, la rincer simplement et l’égoutter sans l’essuyer.
• Evitez de réchauffer le thé préparé, ses qualités gustatives seront altérées.

Valérie Douniaux – Jean-Benoît Bourrel